Jane Goodall, figure emblématique de l’éthologie et pionnière de l’étude des chimpanzés, est décédée ce 1er octobre à l’âge de 91 ans. Ses découvertes ont bouleversé la science et inspiré des générations entières.
Une vie consacrée aux chimpanzés et à la science
Le monde de la recherche perd l’une de ses icônes. L’Institut Jane Goodall a annoncé ce mercredi la disparition de la primatologue britannique, décédée « de causes naturelles » en Californie, alors qu’elle poursuivait une tournée de conférences aux États-Unis.
C’est au début des années 1960, sur les rives du lac Tanganyika en Tanzanie, que la jeune chercheuse s’était installée seule au cœur de la jungle pour observer les chimpanzés dans leur milieu naturel. Ses notes de terrain allaient bouleverser la compréhension scientifique de l’animal. Jane Goodall fut en effet la première à documenter l’usage et la fabrication d’outils chez les primates — un comportement jusque-là attribué uniquement à l’homme.
Cette immersion prolongée, unique en son genre, a donné naissance à la plus longue étude de terrain jamais menée sur des animaux vivant à l’état sauvage. Elle a redéfini la frontière, jusqu’alors rigide, entre l’humain et les autres espèces.
Une militante infatigable et une figure populaire
Scientifique, mais pas seulement. Jane Goodall était aussi une voix incontournable de la cause environnementale. « Nous nous approchons littéralement d’un point de non-retour », alertait-elle encore en 2022 dans un entretien à l’AFP, appelant sans relâche à lutter contre le changement climatique.
Son engagement l’avait menée à devenir « Messagère de la paix des Nations Unies », rôle dans lequel elle n’a cessé d’interpeller les dirigeants et de sensibiliser les nouvelles générations. Même au-delà de 90 ans, elle continuait d’arpenter le monde, micro en main, pour défendre la planète.
Ses travaux et son aura ont largement dépassé le cercle scientifique. En 1977, son portrait figurait sur le disque d’or de la sonde spatiale Voyager. Plus récemment, une poupée Barbie à son effigie a vu le jour, tandis que le documentaire Jane (2017) retraçait sa vie hors norme.
« Les découvertes d’éthologue de Jane Goodall ont révolutionné la science », a rappelé l’institution qu’elle avait elle-même fondée en 1977. Un héritage immense, que la communauté scientifique et le grand public continueront de célébrer.

