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10 millions d’euros en 2020 pour soutenir la cohabitation

L’État va mobiliser en 2020 environ 10 millions d’euros pour soutenir la cohabitation entre ours et pastoralisme dans le massif pyrénéen, a annoncé jeudi le préfet d’Occitanie Étienne Guyot, coordinateur du dossier.

Cette enveloppe inclut 8,5 millions du ministère de l’Agriculture, soit 10% de plus qu’en 2019, et 1,15 million du ministère de la Transition écologique (+20%), ainsi que les indemnisations qui seront versées pour des prédations. M. Guyot a rappelé qu’en 2019, elles s’étaient élevées à 839.000 euros.

Cette nouvelle feuille a été présentée aux parties prenantes, notamment élus, représentants d’éleveurs et associations pro-ours, au cours d’une réunion toutefois boycottée par une partie des organisations agricoles, FNSEA et chambres d’agriculture des Pyrénées.

Alors que les estives ont commencé, les nouvelles mesures prévoient pour les « foyers de prédation » un protocole spécial à hauteur de 350.000 euros, permettant d’accroître les mesures de protection (renforcement de la présence humaine, financement d’abris pastoraux d’urgence…), et d’effarouchement.

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Une aide au gardiennage, financée par l’État et l’Union européenne à hauteur de 70% du salaire, est également mise en place pour « l’embauche de plus de 500 bergers sur l’ensemble des estives pyrénéennes », a précisé M. Guyot à l’AFP.

Aucune décision n’a par contre été prise pour le remplacement de l’ours récemment tué par balle dans les Pyrénées, dans l’attente, a précisé le préfet, de l’enquête ouverte pour retrouver le ou les auteurs du tir. L’État a porté plainte dans cette affaire.

L’abattage de cet ours de quatre ans, retrouvé mort le 9 juin près de la station de ski de Guzet en Ariège, a ravivé les tensions entre défenseurs de la présence ursine et éleveurs.

– « Pas grand chose » –

La nouvelle feuille de route prévoit aussi l’élargissement de la gouvernance du groupe « pastoralisme et ours » chargé de piloter le dossier, « afin que l’ensemble des élus ou éleveurs intéressés puissent s’impliquer dans cette politique » à un niveau plus local, a souligné M. Guyot.

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Les représentants des éleveurs et agriculteurs qui ont boycotté la rencontre l’ont qualifiée de « simulacre de concertation ».

« Ceux qui représentent le territoire sont toujours mis en minorité. Ces réunions sont des attrape-couillons où on se fait avoir à chaque fois », a déclaré Philippe Lacube, chef de file emblématique des opposants à l’ours, lors d’une prise de parole devant la préfecture.

Il a appelé à la mise en place d’un « vrai protocole +ours violent+ pour que là où ça tape tous les jours, on soit en capacité de repérer ces ours prédateurs, avec extraction du territoire ».

Les anti-ours « ne sont pas là, ils ne sont jamais là », et pourtant « c’est eux que l’Etat met au centre du jeu, en essayant en permanence de les amadouer », a déploré du côté des défenseurs du plantigrade Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours.

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Parmi les mesures annoncées jeudi, « il n’y pas grand chose de nouveau. L’Etat reprend les recettes qui n’ont pas fonctionné l’an dernier, comme les effarouchements », a-t-il affirmé.

« On laisse croire à certains qu’on pourra peut-être se débarrasser de l’ours à un moment donné », a pour sa part regretté la vice-présidente de l’ONG Ferus, Sabine Matraire.

Contraint par la législation européenne sur la protection de la biodiversité, l’État français a lancé dans les années 1990 un programme de réintroduction de l’ours brun dans le massif pyrénéen, d’où l’espèce avait pratiquement disparu.

Mais le gouvernement s’est engagé en janvier à ne pas procéder à de nouvelles introductions d’ours » invoquant « le contexte d’une dynamique favorable de la population ursine », avec une cinquantaine de spécimens recensés dans les Pyrénées.

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