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Pont effondré près de Toulouse: une adolescente tuée, un disparu toujours recherché

Une personne restait portée disparue lundi soir, après l’effondrement dans la matinée d’un pont routier à Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse, dans lequel une adolescente de 15 ans a été tuée et qui a relancé les inquiétudes sur la sécurité des ponts.

« De ce que nous savons, il y a un mort et un disparu », a déclaré en fin d’après-midi le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez, venu sur place, tout en appelant « à la prudence » sur le bilan final dans l’attente de la conclusion des recherches.

A priori, il s’agit du chauffeur du camion, tombé dans le Tarn en même temps que la voiture où se trouvait l’adolescente, conduite par sa mère.

Datant de 1931, le pont suspendu, qui « s’est effondré brutalement, en quelques secondes », avait été contrôlé et « n’avait pas été identifié comme posant des problèmes particuliers », a pour sa part relevé la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, qui l’accompagnait.

« Le gouvernement est déjà mobilisé pour la sécurité des ponts, notre mobilisation est renforcée » après ce drame, a-t-elle ajouté.

« Aucune hypothèse ne peut-être confirmée », a souligné M. Nunez, interrogé sur un possible surpoids du camion ayant emprunté le pont, qui était interdit aux plus de 19 tonnes.

L’enquête devra aussi déterminer « si les conditions d’usage du pont n’étaient pas celles prévues », a ajouté Mme Wargon. Selon des élus locaux, le passage de camions en surpoids sur cet ouvrage n’étaient pas exceptionnels.

– « Pas de problèmes de structure » –

Avant la venue des ministres, le gouvernement avait annoncé le lancement immédiat d’une enquête par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

Selon le procureur de Toulouse Dominique Alzéari, les deux véhicules, le camion et la Renault Clio où était l’adolescente roulaient en sens inverse. La mère a pu être sauvée par des témoins, dont deux ont été blessés dans l’opération, et dont le « courage » a été salué par M. Nunez.

L’adolescente était en classe de Première au lycée privé d’enseignement professionnel rural de la localité voisine de Montastruc-la-Conseillère, selon l’établissement où une cellule psychologique a été mise en place.

Dans un premier temps, les autorités avaient fait état d’un éventuel troisième véhicule avec « probablement » plusieurs disparus. Le Tarn est très profond à cet endroit, plus de 20 m, pour 100 m de large, et des plongeurs sont sur place.

L’ouvrage ne présentait « aucun problème de structure » lors de sa dernière inspection « détaillée en 2017 » avait indiqué dans la matinée le Conseil départemental. Le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018. Le pont mesurait 155 mètres de long et 6,50 mètres de large.

Le procureur a fait état de « perquisitions chez le transporteur ». Selon le Conseil départemental, il s’agit d’une « entreprise de forage ».

Le camion, qui a été localisé dans le fleuve, est « apparemment un porte-char, ce type de véhicule transporte des grues. A priori, c’est un véhicule lourd », a pour sa part indiqué le maire de Mirepoix, Eric Oget, qui ne sait pas s’il fait plus ou moins que 19 tonnes, la limite autorisée sur ce pont.

« Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent », a pour sa part relevé le président de la Communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin.

– « Bus scolaires » –

Ce drame « illustre malheureusement » les conclusions de la mission d’information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu’il y a « une vraie dangerosité de l’état de nos ponts », a déclaré son président Hervé Maurey à l’AFP.

Pour M. Maurey, « un des problèmes est qu’aujourd’hui on ne connaît pas l’état des ponts en France ». La mission d’information a appelé fin juin à « un +plan Marshall+ pour éviter un drame », réclamant un audit des ponts.

Le Sénat avait mis en place cette mission sur la sécurité des ponts après l’effondrement d’un viaduc à Gênes (Italie) le 14 août 2018, qui avait fait 43 morts.

Sur place, les habitants étaient sous le choc: « on le prend tous les jours ce pont. C’est pas possible que ça arrive ! On était loin de s’imaginer que le pont pouvait s’effondrer. Les bus scolaires venaient juste de passer le pont. Mon ainé venait de partir au collège de Bessières », témoignait avec des sanglots dans la voix Audrey Laujac, 36 ans, aide à domicile qui habite à 100 mètres.

ap-hg-cpy-cab/cbn

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