Affaire Kulik: « je n’y étais pas », maintient l’accusé

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« Je n’y étais pas »: accusé du viol et du meurtre d’Elodie Kulik en 2002, Willy Bardon a maintenu mercredi être « étranger » aux faits, devant le père de la victime qui a crié sa douleur et sa « rage » envers les « bourreaux », mercredi aux assises de la Somme.La cour, au 11e jour d’audience, a d’abord entendu, moins d’une demi-heure, les proches d’Elodie, dont le corps avait été retrouvé partiellement carbonisé, sur un chemin d’un village picard il y a 17 ans. Elle avait 24 ans, et dirigeait une agence bancaire. »Belle, intelligente, brillante », « elle était un exemple pour moi », a témoigné, très ému, son frère Fabien, qui était déjà dans la gendarmerie au moment de sa mort.En costume-cravate gris, Jacky Kulik s’est ensuite avancé à la barre et a lu ses notes, parfois difficilement, la voix prise par des sanglots et la colère.Rappelant les drames qu’il a traversés – la perte de ses deux premiers enfants dans un accident de la route en 1976, le meurtre d’Elodie, à 24 ans, et le suicide de son épouse qui a suivi – Jacky Kulik, septuagénaire, a redit son « combat » « mené au nom de sa famille »: se mettre « à la recherche de la vérité » et « traquer les criminels » jusqu’au dernier jour. »C’était mon rôle (…) La presse était avec moi », estime-t-il.Elodie « avait tout ce que ces monstrueux tueurs n’avaient pas, c’est pour ça qu’ils l’ont tuée », a-t-il lâché, accusant directement Willy Bardon, la photographie de sa fille posée au sol, face aux jurés.- « Le visage de la voix » -Pendant plus de trois heures, Willy Bardon, 45 ans, a ensuite été interrogé sur les faits.Les chaussures cirées, en chemise claire et pantalon sombre, cet homme massif, au crâne dégarni, a une nouvelle fois insisté à la barre: « je n’y étais pas », « je maintiens que je suis étranger à ces faits-là ». L’avocate générale, Anne-Laure Sandretto, fait diffuser des écoutes de 2012 et 2013, époque où l’implication de Grégory Wiart, qu’il fréquentait, est établie. On l’entend insulter les gendarmes, demander à des proches si les enquêteurs leur ont posé des questions sur lui.Mme Sandretto s’interroge: « pourquoi vous vous intéressez aux actes d’enquête ? L’entourage, les gendarmes sont rassurants, et pourtant vous êtes inquiet ? »Un comportement qu’il impute aux « ragots » qui circulaient sur lui dans son village « où tout le monde se connaît ».Puis les débats se sont à nouveau concentrés sur la voix qu’on entend sur l’appel que passe Elodie aux pompiers, juste avant qu’on ne la tue. Certains proches ont dit, en garde à vue en 2013 et à la barre, avoir reconnu celle de Bardon. »Vous dites +il y a ma voix dedans, mais j’ai aucun souvenir+ (…) puis devant le juge +même moi, je trouve que la voix de la cassette, c’est la mienne+ », affirme Me Didier Seban, l’avocat des parties civiles, en lisant des passages des procès verbaux que Bardon « a signés ».La faute à la « pression » des gendarmes, aux conditions des garde à vue, répète inlassablement le seul homme sur le banc des accusés, dont l’ADN n’a pas été retrouvé sur la scène du crime, précisant: « c’est un timbre qui ressemble à ma voix ». « Le timbre, c’est le visage de la voix », veut croire Me Seban.Bardon finit par s’énerver et interroge: pourquoi il n’y pas eu de comparaisons de la bande sonore avec sa voix de l’époque des crimes ? pourquoi la cassette, portant l’enregistrement de sa voix au début des années 2000 et qu’il avait fournie aux enquêteurs, s’est perdue ? Pas d’explication mais « une perte regrettable », reconnaîtra la présidente, Martine Brancourt. »C’est horrible ce qui est arrivé à cette pauvre fille », « ce qui est arrivé à Monsieur Kulik, je ne le souhaite à personne », a redit Bardon, tout en ajoutant que, pour lui aussi, c’est « dur ».

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