Le conseil des talibans accepte de cesser le feu en Afghanistan

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on whatsapp
WhatsApp

KABOUL –
Le conseil des talibans a approuvé dimanche un cessez-le-feu temporaire en Afghanistan, offrant une fenêtre dans laquelle un accord de paix avec les États-Unis peut être signé, ont déclaré des responsables du groupe insurgé. Ils n’ont pas dit quand cela commencerait.

Un cessez-le-feu, qui avait été demandé par Washington avant la signature de tout accord de paix, permettrait aux États-Unis de ramener leurs troupes d’Afghanistan et de mettre fin à ses 18 ans d’engagement militaire, le plus long de l’Amérique.

Il n’y a pas eu de réponse immédiate de Washington.

Les États-Unis souhaitent que tout accord comprenne une promesse des talibans que l’Afghanistan ne sera pas utilisé comme base par des groupes terroristes. Les États-Unis comptent actuellement environ 12 000 soldats en Afghanistan.

Le chef taliban doit approuver la décision de cessez-le-feu, mais cela était attendu. La durée du cessez-le-feu n’a pas été précisée, mais il a été suggéré qu’il durerait 10 jours. Il n’a pas non plus été précisé à quel moment le cessez-le-feu allait commencer.

Quatre membres de l’équipe de négociation des Taliban ont rencontré pendant une semaine le conseil d’administration avant de se mettre d’accord sur le bref cessez-le-feu. L’équipe de négociation est retournée dimanche au Qatar, où les talibans conservent leur fonction politique et où l’envoyé spécial de la paix américain Zalmay Khalilzad a des entretiens de paix avec les milices religieuses depuis septembre 2018.

Les pourparlers ont été suspendus en septembre lorsque les deux parties semblaient sur le point de signer un pacte de paix. Cependant, une vague de violence dans la capitale, Kaboul, a tué un soldat américain, ce qui a incité le président Donald Trump à déclarer l’accord « mort ». Les pourparlers ont repris après que Trump a effectué une visite surprise en Afghanistan fin novembre pour annoncer que les talibans étaient prêts à parler et à accepter une réduction de la violence.

Khalilzad est retourné à Doha début décembre. C’est alors qu’il a proposé un arrêt temporaire des hostilités pour ouvrir la voie à la signature d’un accord, selon des responsables talibans.

Des responsables talibans connaissant bien les négociations ont parlé sous couvert d’anonymat car ils n’étaient pas autorisés à parler aux médias.

Un des principaux piliers de l’accord, que les États-Unis et les Taliban mettent au point depuis plus d’un an, sont les négociations directes entre les Afghans des deux côtés du conflit.

Ces pourparlers intra-afghans devaient avoir lieu dans les deux semaines suivant la signature d’un accord de paix américano-taliban. Ils décideront à quoi ressemblera l’Afghanistan d’après-guerre.

Le premier point à l’ordre du jour devrait aborder la manière de mettre en œuvre un cessez-le-feu entre les Taliban et les Forces de sécurité nationale afghanes. Les négociations, cependant, devaient être épineuses et couvriront une variété de questions épineuses, y compris les droits des femmes, la liberté d’expression et les modifications de la constitution du pays.

Les pourparlers intra-afghans dévoileraient également le sort de dizaines de milliers de combattants talibans et des milices lourdement armées appartenant aux chefs de guerre afghans. Ces chefs de guerre ont amassé des richesses et du pouvoir depuis que les talibans ont été évincés du pouvoir en 2001 par la coalition dirigée par les États-Unis. Ils ont été retirés après qu’Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden eut mené les attaques terroristes du 9-11 contre les États-Unis. Les Taliban avaient hébergé Ben Laden, mais rien n’indiquait qu’ils étaient au courant des plans d’Al-Qaida d’attaquer les États-Unis.

Alors même que les Taliban parlaient de cesser les hostilités, les insurgés ont mené dimanche une attaque dans le nord de l’Afghanistan qui a tué au moins 17 miliciens locaux.

L’attaque visait apparemment un commandant de milice local qui s’est échappé indemne, a déclaré Jawad Hajri, porte-parole du gouverneur de la province de Takhar, où l’attaque a eu lieu samedi soir.

Les milices afghanes locales opèrent généralement dans des zones reculées et sont placées sous le commandement des ministères de la défense ou de l’intérieur.

Le porte-parole des Taliban, Zabihullah Mujahid, a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

La semaine dernière, un soldat américain a été tué au combat dans le nord de la province de Kunduz. Les talibans ont affirmé qu’ils étaient à l’origine d’un attentat à la bombe mortel qui visait les forces américaines et afghanes à Kunduz. L’armée américaine a déclaré que le soldat n’avait pas été tué lors d’une attaque à l’engin piégé mais qu’il était mort en saisissant la cache d’une arme des talibans.

L’armée américaine, dans son rapport quotidien sur l’activité militaire, a déclaré que des frappes aériennes ont tué dimanche soir 13 talibans dans des attaques à travers le pays.

Les talibans ainsi que les forces de sécurité nationale afghanes aidés par la puissance aérienne américaine ont mené des attaques quotidiennes les uns contre les autres

Les talibans ciblent fréquemment les forces afghanes et américaines, ainsi que des responsables gouvernementaux. Mais des dizaines de civils afghans sont également tués par des tirs croisés ou par des bombes routières posées par des militants. L’ONU a appelé toutes les parties au conflit à réduire le nombre de victimes civiles. L’organisme mondial a déclaré que l’augmentation des frappes aériennes et des opérations terrestres des États-Unis par les Forces de sécurité nationales afghanes, ainsi que les attaques incessantes des Taliban, ont contribué à l’augmentation du nombre de victimes civiles.

L’année dernière, l’Afghanistan a été le conflit le plus meurtrier au monde.

——

Gannon a rapporté d’Islamabad.

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Derniers articles

Cinéma

Technologie

Les plus lus

No Content Available