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Macron veut aborder 2020 en mouvement, malgré l’enlisement

A propos des retraites comme du reste, Emmanuel Macron a affiché au passage du Nouvel An sa détermination à rester un président réformateur et toujours « en marche », au risque d’apparaître en décalage d’une situation sociale enlisée.

Le chef de l’Etat a affirmé mardi soir, dans son discours de vœux, sa détermination à « mener à terme » la réforme du système de pensions, et réclamé au gouvernement qu’il « trouve la voie d’un compromis rapide ».

A deux mois et demi des municipales, Emmanuel Macron a évoqué sur un ton pédagogique la responsabilité collective envers « nos enfants », premiers concernés par la nécessité d’assurer l’avenir du système. Il a dit aussi avoir entendu « les peurs, les angoisses qui se font jour » dans le pays au sujet des retraites, et souligné que « l’apaisement toujours doit primer sur l’affrontement.

« Sur le fond cependant, s’il a évoqué une meilleure prise en compte des « tâches difficiles » dans le calcul futur des retraites – sans jamais prononcer le mot de pénibilité -, il n’a pas mentionné la partie de son projet la plus âprement contestée, celle de l’âge-pivot pour le départ en retraite.

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« Rien de nouveau », a conclu sur RMC-BFM TV le patron de la CGT Philippe Martinez, qui a l’intention de relancer « dès lundi » un conflit ayant déjà égalé mercredi le record de durée de blocage des transports de 1986-1987.

A défaut de lâcher du lest sur sa réforme, le président s’est félicité mardi des « premiers résultats de l’effort de transformation engagé depuis deux ans et demi », citant les créations d’emplois et d’entreprises, ainsi que la reprise des investissements étrangers en France.

Arrivé à mi-mandat, ce moment où « d’habitude, on renonce à agir avec vigueur, pour ne surtout plus mécontenter personne à l’approche des futures échéances électorales », le président a assuré que « c’est l’inverse qui doit se produire ».

« J’ai conscience que les changements bousculent souvent », s’est-il justifié, « mais les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction, car il y a trop à faire ».

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– Réformateur plutôt que rassembleur –

Malgré le mouvement des retraites, et un an après les « gilets jaunes », les mots du président ont « des éléments de continuité très forts » avec ceux des voeux de 2017 et 2018, commente pour l’AFP le sondeur Frédéric Dabi.

Selon le directeur général adjoint de l’Ifop, le président creuse le sillon de la réforme « fort d’une adhésion autour de 30% de l’opinion, minoritaire mais extrêmement stable ». Ce « pilier d’adhésion », explique M. Dabi, est conforté par le fait que les Français, sondage après sondage, se disent convaincus que « le président ne va pas lâcher ».

Le sénateur PS Rachid Temal, pour sa part, a fustigé mardi soir un Emmanuel Macron « enfermé dans ses certitudes, déconnecté de la vie réelle des Français ».

« Des voeux en apesanteur », critique aussi sur Twitter le spécialiste de la communication politique Philippe Moreau-Chevrolet, « déconnectés en tous cas de la réalité du pays ».

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« Il a voulu montrer une volonté réformatrice, mais pas de volonté de rassemblement », juge, plus nuancé, l’ancien communicant de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a salué en revanche une volonté présidentielle de « bâtir une société en commun ». Si d’autres observateurs ont cru entendre un message de détermination du président adressé à l’électorat de droite, M. Louvrier, interrogé sur France Inter, voit plutôt dans ce discours de voeux, traditionnellement très écouté, une occasion manquée de « rassembler l’ensemble de la population française », aujourd’hui figée entre doute et contestation.

D’autant que si le président a pris soin de désigner Edouard Philippe comme responsable de la conduite de la réforme, « le seul et unique responsable de cette réforme », selon Franck Louvrier, « c’est le chef de l’Etat, pas le Premier ministre. C’est lui, et lui seul, qui devra rendre des comptes aux Français ».

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