Des manifestants à Benghazi, deuxième plus grande ville de Libye, ont incendié le siège de l’administration orientale contrôlée par le putschiste général Khalifa Haftar, a déclaré dimanche une source de sécurité.
« Aux premières heures de dimanche, un groupe de manifestants a attaqué le bâtiment du cabinet », a déclaré un responsable de Haftar à l’Agence France-Presse (AFP), s’exprimant sous couvert d’anonymat.
« Ils ont mis le feu avant de s’enfuir », a déclaré la source.
La police et les pompiers sont rapidement arrivés, mais l’incendie a détruit l’entrée principale du bâtiment.
Des manifestations ont également éclaté dans la ville orientale d’Al-Marj et la police a ouvert le feu après que des manifestants se soient introduits de force dans le poste de police.
Au moins cinq personnes ont été blessées, selon des témoins et l’hôpital.
Les manifestations ont commencé jeudi soir à Benghazi, dans l’est, alors que la colère bouillonnait face aux coupures d’électricité régulières, aux pénuries de liquidités et aux prix élevés du carburant.
L’administration de l’Est a averti les manifestants « de ne pas excéder leur droit de manifester et de s’exprimer ».
La principale ligne de fracture militaire dans la nation nord-africaine se situe entre les forces fidèles au gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU et celles qui soutiennent Haftar, qui a lancé une offensive pour s’emparer de Tripoli l’année dernière.
Haftar a été repoussé plus tôt cette année par les forces du GNA soutenues par la Turquie.
Depuis janvier, les groupes pro-Haftar ont bloqué les champs pétrolifères les plus importants du pays pour exiger ce qu’ils appellent une juste part des revenus pétroliers.
Le blocus – qui a entraîné une perte de revenus de plus de 9,6 milliards de dollars, selon la National Oil Corporation – a exacerbé les pénuries d’électricité et de carburant.
La crise économique en Libye et à l’est, en particulier les coupures d’électricité, s’est aggravée en raison du blocus.
Cependant, dimanche, les États-Unis ont annoncé que Haftar avait accepté de lever le blocus sur le pétrole contrôlé par ses forces.
La déclaration américaine est intervenue deux jours après que les délégués des camps rivaux de la Libye, sous une forte pression internationale, soient parvenus à un accord politique préliminaire. Il vise à guider le pays vers les élections et à démilitariser la ville contestée de Syrte, porte d’entrée des principaux champs pétrolifères et terminaux d’exportation de la Libye, contrôlée par Haftar. Elle est également intervenue au milieu des manifestations contre les conditions de vie déplorables dans le pays divisé.
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