malgré un succès aux législatives, Kaboré devra encore composer avec des alliés à l’Assemblée

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Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a vu sa réélection confortée par un succès de son parti aux législatives, mais devra de nouveau composer avec ses alliés pour s’assurer une majorité parlementaire et relever le défi sécuritaire qui menace le pays.

Le principal chantier du second mandat de Roch Kaboré devrait être la lutte contre les groupes jihadistes qui ont plongé dans le chaos une large partie de ce pays d’Afrique de l’Ouest pauvre et enclavé de 20 millions d’habitants, à l’économie basée sur l’agriculture et les mines, alors que le président a été taxé d’immobilisme sur ce sujet crucial.

Son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), est arrivé en tête des législatives du 22 novembre avec 56 sièges sur 127 à l’Assemblée nationale, selon les résultats provisoires publiés samedi par la commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Soit un siège de mieux que dans la précédente Assemblée, mais pas assez pour obtenir la majorité absolue. Il devrait donc s’allier avec des petits partis, comme il l’avait fait lors de la législature passée.

Le MPP « est loin des 64 sièges nécessaires pour la majorité absolue. Mais le président Kaboré n’a aucun souci à se faire car le jeu d’alliances avec les partis qui ont soutenu sa candidature à la présidentielle lui assure cette majorité », estime le politologue Drissa Traoré.

Confortablement réélu avec 57,87% des voix dès le premier tour de la présidentielle à laquelle étaient couplées les législatives, M. Kaboré a promis plus de résultats face aux attaques jihadistes récurrentes qui ont fait depuis 2015 au moins 1.200 morts et plus d’un million de déplacés internes dans le pays, dont des pans entiers échappent au contrôle de l’Etat.

Pour le député MPP Ousseni Tamboura, les alliances à l’Assemblée se feront sans problème : « Avec la moisson de nos partis alliés nous sommes largement au-dessus de la majorité absolue ».

– Contreparties –

Le président Kaboré peut ainsi compter sur les 13 sièges du Nouveau temps pour la démocratie (NTD), parti de l’actuel ministre des Transports Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a réalisé une percée, par comparaison avec ses 3 sièges obtenus en 2015.

« Ce parti de la mouvance présidentielle à lui seul offre une majorité confortable au MPP pour soutenir les actions du gouvernement », selon Drissa Traoré.

Le parti au pouvoir peut également compter sur une douzaine d’autres sièges de formations alliées, dont cinq de l’Union pour la renaissance-parti sankariste (Unir-PS) du célèbre avocat Benewende Sankara, un farouche opposant au régime de Blaise Compaoré qui avait déjà rejoint la majorité lors du premier mandat de M. Kaboré. S’y ajoutent les quatre députés du Mouvement pour le Burkina du futur (MBF) et les trois du Parti pour le développement et le changement (PDC).

« Il est clair que le MPP devra sa majorité au Parlement à l’APMP (Alliance des partis de la majorité présidentielle) mais ça reste toujours des alliances et la contrepartie est toujours présente, probablement des postes dans le futur gouvernement », note Drissa Traoré.

L’analyste s’interroge sur « la durée de ces alliances quand on sait que ces partis aussi ont des ambitions » présidentielles, alors que le chef de l’Etat ne pourra pas se représenter.

Le président Kaboré devra aussi faire face à deux principaux partis d’opposition.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de Blaise Compaoré, se positionne dorénavant comme la deuxième force politique du pays avec 20 sièges à l’Assemblée.

Son candidat Eddie Komboïgo est arrivé deuxième de la présidentielle avec 15,47% des voix, bénéficiant d’une nostalgie croissante de l’ère Compaoré, chassé par la rue en 2014 après 27 ans au pouvoir, dont l’ombre a plané sur la campagne électorale.

Le CDP devance ainsi l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de l’opposant Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

Commentant le discours rassembleur tenu par le président Kaboré dès l’annonce de sa victoire, Drissa Traoré estime qu’il est « libre de former un gouvernement d’ouverture, peut-être au nom de la cohésion, de la réconciliation nationale, qui constitue l’un de ses chantiers, mais absolument rien ne l’y oblige ».

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