les deux accusés racontent une vie marquée par la drogue

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Berkane Makhlouf et Cécile Bourgeon, rejugés à Lyon pour la mort de la petite Fiona, 5 ans, en mai 2013, ont fait tour à tour mardi le récit glaçant d’une vie marquée par la drogue, la violence et, pour elle, des grossesses à répétition.

Interrogés par le président Eric Chalbos au premier jour d’un procès en appel aux Assises du Rhône, la mère de Fiona et son ex-beau-père ont fait aussi part de leurs griefs.

Lui, pour être incarcéré « depuis sept ans à l’isolement, sans croiser aucun détenu », ce qui le « dégoûte ». Elle, qui comparaissait libre pour la première fois, pour n’avoir reçu « aucune réponse à tous les CV qu’elle a envoyés à sa sortie de prison » en février 2019 après avoir purgé la peine de 5 ans d’emprisonnement à laquelle elle avait été condamnée en première instance. « Pas une seule réponse ! », s’indigne-telle.

Berkane Makhlouf, né en 1981, avait été pour sa part condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir porté des coups mortels à Fiona.

« Je n’ai pas de visite depuis 2014 et aucun soutien familial », avait ajouté dans la matinée l’ex-compagnon de Cécile Bourgeon, d’une voix au débit ralenti par les nombreux médicaments qu’il avoue prendre en prison « pour tenir le coup ».

Dans l’après-midi, largement consacré à l’interrogatoire de la mère de Fiona, 33 ans, celle-ci raconte sans aucun affect, et en marmonnant le plus souvent ses réponses, une vie sous l’emprise de la drogue, une enfant décédée et trois autres placés par la justice. Cécile Bourgeon semble détachée en en parlant.

Après le divorce de ses parents, elle évoque un beau-père avec lequel elle ne s’entendait pas et un père violent, selon elle.

Puis vers 15 ans, elle rencontre à Clermont-Ferrand Nicolas Chafoulais, de trois ans son aîné. Il est le père de Fiona, née le 3 décembre 2007, et de sa petite soeur Eva, née le 19 novembre 2010, précise-t-elle.

Fiona, dit encore Cécile Bourgeon, n’était « pas désirée, mais j’étais super contente d’avoir un enfant ».

« C’est lui (Nicolas Chafoulais) qui m’a initiée à la drogue, héroïne, cocaïne, speed… J’ai connu ma première crise de manque ». Lui ne travaillait pas, se droguait (…). J’en ai eu assez ».

En févier 2012, le couple se sépare. La mère de Fiona fait alors la connaissance l’été suivant de Berkane Makhlouf, peu de temps après été violée par un inconnu. « Ca m’a tuée, en plus de la drogue ».

Il s’installe aussitôt chez elle. « Au début, ça se passait bien, ensuite il y a eu des crises de paranoïa, parfois des violences ». Et puis la consommation frénétique de stupéfiants par le couple. Ils ont un enfant, le petit Bilal, en juillet 2013, quelques mois après la mort de Fiona.

« C’est la drogue qui vous unissait ? », lui demande le président. « Oui, peut-être », murmure-t-elle. « Quand vous êtes dans la drogue, vous ne vous rendez compte de rien ».

« Avec Cécile, on se droguait beaucoup et la drogue ça détruit les gens », avait reconnu le matin Berkane Makhlouf, en ajoutant « Cécile faisait pousser des champignons hallucinogènes et moi de l’herbe… ».

– Subutex –

Et puis, la petite Fiona disparait en mai 2013.

Dans un premier temps, le couple fait croire à son enlèvement dans un parc de Clermont-Ferrand. Ils déménagent à Perpignan, toujours ensemble malgré le drame.

Un peu plus tard, confrontés aux incohérences mises en évidence par les enquêteurs, les deux toxicomanes finissent par avouer le décès de l’enfant à leur domicile clermontois puis reconnaissent l’avoir enterrée de nuit, à la hâte, dans un bois. Toutes les recherches pour retrouver cette sépulture de fortune ont échoué.

Peu après sa libération, Cécile Bourgeon rencontre son futur mari, un Algérien en situation irrégulière et toxicomane. Elle est rapidement de nouveau enceinte d’une petite fille, dont elle accouche en mars 2020. Sa mère est toujours sous Subutex (un produit de substitution aux opiacés) et l’enfant présente à la naissance un syndrome de sevrage. Le bébé est placé par la justice.

« Cette petite est mal partie dans la vie… », avance le président. « On peut dire que j’ai été une mauvaise mère, répond-elle d’une voix très calme, mais mes enfants, je les ai toujours aimés ».

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