Les joueurs de rugby victimes de commotions cérébrales ont « toujours le choix de dire oui ou non » au prochain match, a estimé jeudi le manager de Toulon Patrice Collazo, ancien pilier.
Cette semaine, le cabinet d’avocats anglais Rylands a annoncé une action en justice d’ex-rugbymen contre les instances de la discipline, pour établir leur responsabilité dans la démence précoce qui les a frappés. Parmi eux se trouve l’Anglais Steve Thompson, champion du monde en 2003 avec le XV de la Rose, et qui dit n’avoir « aucun souvenir » d’avoir remporté la compétition suprême.
« J’ai vu qu’il y avait de grands joueurs », a commenté Collazo, interrogé sur le sujet avant la réception de Sale samedi en Coupe d’Europe. « Mais j’ai toujours du mal avec l’après coup. Après tant d’années, je peux comprendre que des joueurs soient marqués. Mais on a toujours le choix de dire oui ou non. On peut prendre ses responsabilités et prévenir le staff médical. Même si l’envie de jouer tous les week-ends est là, on peut dire qu’on ne se sent pas. »
Pour l’ancien joueur de première ligne, ce risque est inhérent à la discipline. « On fait un sport de contacts, de combat. C’est comme un boxeur. Du moment où il y a des chocs, il y a possibilité d’avoir des séquelles même s’il n’y a pas les symptômes quand on joue. »
Le manager craint que certains ex-joueurs s’engouffrent dans ce type de plaintes sans être réellement atteints. « J’ai toujours peur que les gens se servent de cela pour accrocher le wagon. Il y a les vraies personnes qui sont touchées et certains vont s’inventer d’être touché. »
En France, le Canadien Jamie Cudmore a attaqué au pénal son ex-club de Clermont début 2019 pour « mise en danger de la vie d’autrui », après avoir subi trois commotions en deux semaines et avoir été laissé sur le terrain.
