le témoignage glaçant des enquêteurs

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« Dans la chambre de la petite, il y avait des jouets et beaucoup de sang »: les déclarations des enquêteurs ont fait entrer mardi le procès des proches de Hyana, morte des suites des mauvais traitements, dans l’horreur du dossier.

Le principal enquêteur a glacé la cour d’assises du Cher mardi, donnant à ce procès le ton solennel qu’il n’avait pas forcément eu lors du premier jour.

L’officier de police judiciaire a ainsi raconté la procédure, débutée le 30 décembre 2017, quand la petite Hyana a été déposée dans le coma aux urgences de Bourges. Elle est morte deux semaines plus tard des suites de ses blessures.

Le policier a décrit l’éprouvante autopsie de l’enfant: « On a devant nous une enfant de six ans couverte de brûlures, de morsures, de bleus. En ouvrant le corps, on a vu des fractures aux jambes, aux doigts. On n’avait jamais vu ça. »

« L’émotion était compliquée, elle l’est toujours », a-t-il soufflé, visiblement marqué.

S’il n’est pas entré dans les détails, la procédure fait état d’un corps meurtri par 32 blessures, dont 14 morsures. Le fonctionnaire a aussi décrit les « nombreuses traces de sang au logement » de la mère, Noémie P… « Des traces de sang séchées et des traces de sang nettoyées », a-t-il précisé.

La jeune femme, alors âgée de 22 ans, avait déposé l’enfant à l’hôpital en se présentant sous un faux nom, avant de prendre la fuite avec son compagnon. Une cavale de courte durée puisqu’ils avaient été arrêtés quelques jours plus tard à Toulouse.

A la demande de la cour, les enquêteurs ont aussi raconté la garde à vue, s’attachant à décrire une mère « impassible ».

« Pendant les 48 heures de la garde à vue, elle n’a pas demandé de nouvelles de la petite », a ainsi expliqué l’officier. « Elle n’a pleuré que très brièvement, ne montrant aucune émotion, même à l’évocation des blessures. »

– « Se cacher derrière des larmes » –

Lors de l’audience mardi, la jeune mère a cette fois éclaté en sanglots, avant de se reprendre. Puis après l’audition des enquêteurs, elle a admis ne pas avoir su protéger sa fille, rejetant la responsabilité des mauvais traitements sur son compagnon.

Accusée de complicité de torture ou actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la justice lui reproche surtout d’avoir tenté de masquer les coups reçus par l’enfant en la déscolarisant et en mettant en échec les mesures de placement judiciaire décidées trois mois avant les coups fatals.

« On s’est aperçu que depuis la sortie de prison de (son compagnon), elle vivait recluse avec sa fille. Elle ne pouvait pas ne pas s’apercevoir des blessures », a asséné l’officier.

Quant au principal accusé, Hamza B., âgé de 24 ans au moment des faits, il est revenu sur le coup fatal, le 29 décembre 2017: il a raconté avoir giflé Hyana pour une histoire de tablette. Elle est tombé, elle a convulsé, a expliqué celui que ses proches décrivent comme impulsif.

« Je ne suis pas l’auteur de toutes les violences », s’est défendu le jeune homme qui a passé l’essentiel de sa vie d’adulte en prison.

« C’est facile de rejeter la faute sur moi, avec mes antécédents. C’est facile de se cacher derrière des larmes », a-t-il lancé à la mère avant de s’adresser à la cour. « Si on compare nos profils, c’est facile de me voir comme l’auteur de tous ces faits monstrueux. »

La mère de l’enfant et son compagnon encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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