Dans un mur de la chapelle, le message attendait depuis 165 ans

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« En cette chapelle étant en réparation a travaillé le sieur Godard »: ces mots laissés par un plâtrier, en 1856, ont été découverts la semaine dernière sur le chantier de la future Cité de la gastronomie à Dijon.

D’une restauration à l’autre, un maçon est tombé sur le texte manuscrit, un siècle et demi plus tard, en délogeant une pierre dans un mur de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem, édifiée au XVe siècle dans la capitale bourguignonne.

« J’étais en train de faire une saignée dans le mur pour y passer des gaines électriques. Dans un ancien trou d’échafaudage, j’ai vu une pierre bouger et derrière j’ai trouvé le papier plié en six », raconte à l’AFP Victorien Coille, de l’entreprise Dufraigne à Autun. Un feuillet recto-verso et parfaitement conservé d’après des photographies publiées mardi par le quotidien régional Le Bien Public qui a révélé la découverte.

Natif de Moloy au nord de Dijon, Nicolas Godard indique qu’il fut d’abord marin, « congédié de la frégate à vapeur L’Orénoque après avoir fait la campagne de Crimée à l’âge de 18 ans ». Ce conflit opposa l’Empire russe, de 1853 à 1856, à une coalition formée de l’Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Sardaigne.

« Celui qui met un frein à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots », ajoute le sieur Godard, une citation extraite d’une pièce de Jean Racine, Athalie. Suivent les noms d’autres ouvriers ayant probablement travaillé dans la chapelle.

Puis une date, le 10 août 1856; au dos du feuillet, l’adresse d’une boutique et cette mention finale: « au moment où ces lettres sont écrites, la plus grande misère existe à Dijon ».

Comment expliquer la présence de ce mot ? « Dans les anciennes corporations de métier, il y a toujours eu la volonté de laisser une trace, comme chez les tailleurs de pierre qui signaient leurs œuvres », explique Bassir Amiri, conseiller municipal délégué aux Archives et au Patrimoine culturel.

Victorien Coille, 37 ans dont 20 de métier, confirme: sur un chantier d’apprentissage, il lui est arrivé de sceller une bouteille avec un mot à l’intérieur. Et il songe à replacer un message dans le mur de la chapelle avant de reboucher le trou.

Les services dijonnais ont étudié le manuscrit et retrouvé l’acte de naissance du sieur Godard, en 1838. « On voit que c’est quelqu’un de cultivé, c’est émouvant ce dialogue qui s’établit entre deux ouvriers à travers les âges », ajoute l’élu. Le document sera déposé aux archives municipales, où il sera consultable par les particuliers, et numérisé sur leur site internet.

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