l’ambassadeur birman à l’ONU dénonce la junte, manifestations dans trois villes

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L’ambassadeur de Birmanie à l’ONU, Kyaw Moe Tun, a spectaculairement pris vendredi ses distances avec la junte en appelant à « la fin du coup d’Etat » et réclamant à la communauté internationale l’action « la plus forte possible » contre ses responsables au moment où la police dispersait des manifestants dans trois grandes villes.

Les forces antiémeutes birmanes ont dispersé vendredi à Rangoun des centaines de personnes ayant manifesté contre le coup d’État, rassemblées pour demander le rétablissement de la démocratie et la libération d’Aung San Suu Kyi.

La Birmanie est traversée par une vague de colère qui a vu jusqu’à des centaines de milliers de contestataires dans la rue pour protester contre les généraux au pouvoir, depuis le putsch du 1er février.

Vendredi, l’ambassadeur de la Birmanie à l’ONU, Kyaw Moe Tun, a demandé une action forte contre la junte.

« Nous avons besoin de l’action la plus forte de la communauté internationale pour immédiatement mettre fin au coup d’Etat militaire, mettre fin à l’oppression du peuple innocent et rendre le pouvoir de l’Etat au peuple », a déclaré Kyaw Moe Tun, au cours d’une session spéciale de l’Assemblée générale consacrée à son pays.

– Une centaine d’arrestations –

La journée a été tendue vendredi en Birmanie avec une centaine de manifestants arrêtés.

A Rangoun, la plus grande ville et la capitale économique, les autorités avaient jusqu’ici fait preuve de retenue, se bornant à une présence massive des forces de l’ordre et de barrages à plusieurs points stratégiques.

Mais vendredi, la police antiémeute s’est déployée autour des carrefours clés de la cité et elle est allée au contact des manifestants, pour la plupart assis et scandant des slogans en faveur de la démocratie, pour les sommer de se disperser.

Plus de 31 personnes ont été arrêtées à Rangoun, selon les médias officiels. Un reporter japonais indépendant a été interpellé avant d’être relâché.

Selon des témoins de la scène, le journaliste, Yuki Kitazumi, « a été frappé à la tête avec une matraque mais il portait un casque », a expliqué sur Facebook son assistant Linn Nyan Htun.

Près du carrefour Myaynigone, un quartier d’habitation, les manifestants ont érigé des barricades improvisées avec des tables et du fil barbelé pour empêcher les forces de l’ordre de les arrêter.

Casques de sécurité sur la tête, les contestataires scandaient : « L’échec de la dictature est notre cause, notre cause ! ».

Près d’un autre carrefour en centre-ville, Hledan, les manifestants s’éloignaient de l’artère principale en courant tandis que la police se rapprochait d’eux lentement. « Si vous ne le faites pas, nous devrons vous disperser par la force ! », a annoncé la police par mégaphone.

Des manifestations ont aussi eu lieu vendredi à Mandalay (centre), la deuxième plus grande ville.

Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le plus grand centre commercial local, principalement vêtues de blanc et portant des masques et des chapeaux avec du rouge, la couleur de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi.

Alors que les manifestants s’écartaient, la police a utilisé des lance-pierres pour les faire partir, a constaté un journaliste de l’AFP. Cinq personnes ont été blessées, dont une grièvement, selon un médecin, Thet Htay.

A Naypyidaw, la capitale de la Birmanie, des contestataires ont fui la police antiémeute qui les a poursuivis en lançant des grenades assourdissantes.

Selon la télévision d’Etat, 39 personnes ont été arrêtées au cours des manifestations à Mandalay et 25 à Naypyidaw.

– Inquiétudes pour Aung San Suu Kyi –

Depuis le coup d’Etat, quatre personnes ont perdu la vie pendant des manifestations, une autre est morte au cours d’une patrouille nocturne, tandis que l’armée a signalé de son côté qu’au moins un policier avait été tué. Plusieurs centaines de personnes ont aussi été arrêtées.

Aung San Suu Kyi, l’ex-cheffe du gouvernement civil arrêtée depuis le coup d’Etat, devra en outre répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont la détention illégale de talkies-walkies et la violation des restrictions liées au coronavirus.

Son procès est prévu pour le 1er mars, mais son avocat Khing Maung Zaw s’est déclaré très préoccupé, n’ayant toujours pas eu de contacts avec elle.

« C’est très important d’avoir sa procuration signée avant le début des audiences le 1er mars car nous ne seront pas autorisés à la représenter en tant qu’avocats de la défense si nous ne pouvons pas » produire ce document, a déclaré Khing Maung Zaw

Sans avocat de la défense, Aung San Suu Kyi serait alors privée de « son droit à un procès équitable », a-t-il souligné.

L’émissaire de l’ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a également « fermement condamné » vendredi devant l’Assemblée générale les dernières mesures prises par la junte.

« Je vous exhorte tous à envoyer collectivement un signal clair en faveur de la démocratie en Birmanie », a-t-elle dit par liaison vidéo aux 193 membres de l’Assemblée générale, réunis pour une session spéciale sur la situation dans ce pays.

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