Une centaine de dissidents du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan ont appelé lundi à « s’unir » autour de la candidate à l’Elysée Marine Le Pen, en présentant leur nouveau mouvement de « droite gaulliste » nommé L’Avenir français, qui jouera un rôle de « trait d’union » avec le Rassemblement national.
« Il faut s’unir et se rassembler autour de la candidate naturelle de notre famille politique », a déclaré lors d’une conférence de presse le coordinateur national de L’Avenir français, Jean-Philippe Tanguy, ancien numéro deux de Debout la France, parti en raison d’une « stratégie d’isolement et de division » de Nicolas Dupont-Aignan.
La conférence de presse, en présence de Marine Le Pen, avait lieu dans les salons où la présidente du RN et Nicolas Dupont-Aignan avaient présenté un accord de gouvernement entre les deux tours de la présidentielle de 2017.
Mais cette fois, le député souverainiste a décidé de faire cavalier seul à la présidentielle de 2022, provoquant une vague de départs – plus de 130 selon la liste transmise par la nouvelle formation, une « trentaine » selon M. Dupont-Aignan.
Marine Le Pen est la « meilleure candidate » à la présidentielle, parce qu’elle est « la championne des libertés fondamentales » et qu’elle aspire au « redressement » industriel, a vanté M. Tanguy. Il a aussi évoqué un « déferlement de violences » que « plus rien ne pourra arrêter à part l’élection de Marine Le Pen ».
La nouvelle formation, « statutairement et financièrement indépendante » du RN, rejoint d’autres mouvements satellites du RN comme la Droite populaire de l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, et le Mouvement localiste animé par le député européen du RN Hervé Juvin.
« Ce rassemblement doit se faire dès le premier tour », a fait valoir Marine Le Pen, en vantant « la logique unificatrice voulue par le général De Gaulle ».
« Les candidatures vaines, de témoignage, d’humeur ou (…) de divergences font courir le risque à toute notre famille de pensée d’une diversion électorale, dommageable », a-t-elle expliqué. « Au premier tour, chaque famille se rassemble, au second tour, les deux familles politiques qualifiées composent avec les autres pour élargir l’unité nationale ».
Elle a assuré que « la démarche » du RN n’était « pas hégémonique mais partenariale » et qu’elle ne serait pas la candidate « du RN » mais « soutenue par le RN » alors qu’elle songe à abandonner la présidence du parti pour 2022.
Marine Le Pen s’est dite « prête » au « compromis », mettant en avant de récentes « inflexions programmatiques ». Le RN ne veut par exemple plus sortir de l’UE ni suspendre les accords de libre circulation de Schengen.
