une opposition sans envergure face à Idriss Déby

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Les ténors de l’opposition écartés, parfois brutalement, ou boycottant le scrutin, ce sont six candidats sans poids politique, voire adoubés par le pouvoir, qui affrontent dimanche le président tchadien Idriss Déby Itno, en route vers un sixième mandat après 30 années au pouvoir.

Anciens ministres, ex-Premier ministre ou candidats de l’opposition « tolérée » ayant pour certains obtenu de piètres scores lors de précédentes élections, aucun n’est en mesure de faire de l’ombre au maréchal Déby, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1990, puis vainqueur facile de cinq présidentielles grâce à une tactique éprouvée depuis 30 ans: « un redoutable mélange de cooptation » d’opposants modérés « et de répression » des autres, écrivait déjà en 2013 la chercheuse française spécialiste du pays Marielle Debos dans « Le métier des armes au Tchad ».

La ficelle est un peu grosse mais pas usée: l’opposition désunie n’a jamais réussi à propulser un candidat de poids. Pas plus cette fois que lors des cinq précédents scrutins. Sur 16 candidatures déposées pour affronter M. Déby dans les urnes, sept ont été invalidées et trois candidats ont jeté l’éponge et appellent – même si leurs noms ont été maintenus sur les bulletins – à boycotter l’élection face à la répression.

-Stratégie de boycott-

Parmi eux, l’opposant « historique » Saleh Kebzabo appelle chaque samedi, aux côtés du jeune président du parti Les Transformateurs, Succès Masra, à marcher « pour l’alternance » et à « empêcher l’élection » par un boycott.

Une stratégie qui n’a pas pris. Ils n’étaient guère plus que quelques dizaines à défiler chaque semaine. Des rassemblements systématiquement interdits par le pouvoir et dispersés manu militari par la police. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a qualifié jeudi de « répression implacable » cet usage de la force.

« Reconnaissons humblement que nous avons échoué », a admis récemment François Djékombé, président du parti d’opposition Union sacrée pour la République, aux premiers rangs de ces « marches pour l’alternance ».

« Les guéguerres de leadership et de positionnement, l’ego de chacun de nos leaders, la peur de sortir manifester (leaders comme population), l’indifférence, la résignation, le manque de stratégies de mobilisation et de communication… » listait-il pour expliquer cet échec. « C’est clair, la révolte populaire que nous voulions imposer, notre peuple n’en veut pas ».

Restent donc les six candidats qui ont choisi les urnes pour convaincre. Les politologues et l’opposition plus virulente les considèrent comme manipulés ou sans poids, simples « faire-valoir » pour un affichage « démocratique ».

-« Inféodé »-

Selon les experts, Albert Pahimi Padacké, ancien Premier ministre de M. Déby, et Félix Nialbé Romadoumngar, peuvent espérer grappiller le plus de voix.

Le second parce qu’il détient le titre officiel de « chef de file de l’opposition » en tant que patron du deuxième parti représenté à l’Assemblée nationale, l’Union pour le Renouveau et la Démocratie (URD), avec huit députés. Contre 160 pour le Mouvement patriotique du Salut (MPS) de M. Déby et ses alliés.

Mais M. Romadoumngar, inspecteur des impôts de 64 ans, austère et piètre orateur, est relativement novice, à la tête de l’URD depuis deux ans seulement et candidat à sa première présidentielle.

S’il est au contraire un bon tribun, séducteur et homme de relations, M. Pahimi Padacké, 55 ans, souffre d’un handicap sérieux aux yeux des partisans de l' »alternance » qui l’accusent d’être inféodé au maréchal Déby: M. Déby, dont il fut plusieurs fois ministre, l’avait hissé en 2016 au sommet de la hiérarchie gouvernementale avant de faire changer la Constitution deux ans plus tard pour supprimer le poste de Premier ministre et accaparer l’exécutif.

Troisième à la présidentielle de 2006 avec 7,82% des suffrages et deuxième en 2011 avec seulement 6,3%, M. Padacké avait soutenu le candidat Déby en 2016, avant d’être nommé Premier ministre. Récemment, s’il était élu, il a promis à son ancien bienfaiteur de « pouvoir vivre en paix au Tchad ».

Son Rassemblement national pour la Démocratie au Tchad (RNDT-Le réveil) est le seul parti, avec le MPS de M. Déby, à avoir mené campagne dans les 23 provinces du pays. Il est relativement bien implanté dans la capitale et quelques régions du Sud.

Les quatre autres prétendants Théophile Yombombe Madjitoloum, Baltazar Aladoum Djarma, Brice Mbaïmon Guedmbaye et, la première femme candidate de l’histoire du Tchad, Lydie Beassemda, devraient se partager quelques miettes, selon les experts.

« Je n’en connais aucun à part Pahimi et Déby. Si ça doit être Déby, alors OK s’il a la volonté de reconstruire le pays, mais si c’est le même, alors ça ne vaut pas la peine d’aller voter », lâche Abdel, un commerçant du marché de Gassi, à N’Djamena.

« Je ne les connais pas, mais je ne pourrais pas voter Déby, et tous les autres candidats sont dans son camp », renchérit une jeune infirmière de Gassi.

yas-dwi-gir-amt/dyg/ayv/sba

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