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les Français toujours accro au livret A malgré des envies de risque et de rendement

Que retenir du 22ᵉ baromètre Ipsos réalisé pour le Cercle des épargnants sur « Les Français, l’épargne et la retraite » ? Si quatre Français sur cinq possèdent un compte sur livret, ils sont plus nombreux que par le passé à envisager une plus grande prise de risque.

Ces comptes sur livret servent avant tout à recueillir une épargne de précaution, pour 53 % des Français. Malgré l’attrait grandissant du plan d’épargne retraite, ils recueillent aussi, pour 26 % des répondants, une épargne destinée à compléter à long terme les revenus tirés du régime général.

Prêts à prendre plus de risque, les Français seraient aussi disposés à se détourner en partie des placements très liquides où l’épargne est mobilisable immédiatement.

Prêts à prendre plus de risque, vraiment ?

Ce constat pourrait être favorable au plan d’épargne avenir climat (PEAC) qui doit être lancé courant 2024 par Bercy. Le dernier-né des produits financiers fait appel à l’épargne des moins de 18 ans afin d’investir dans les actions et les obligations des entreprises vertueuses en matière d’environnement, de social ou de gouvernance. L’argent placé est bloqué jusqu’à la majorité du porteur et piloté afin de désensibiliser le portefeuille d’investissement à l’approche de l’échéance. Ce produit appelle donc une épargne qui devra demeurer bloquée et exposée au risque. C’est un excellent moyen pédagogique qui devrait permettre de faire comprendre les notions de risque et de rendement aux plus jeunes en particulier à ceux attachés aux notions de durabilité.

Ne nous y trompons pas, nous sommes encore loin d’une prise de risque généralisée. Si la dynamique est bien favorable (+8 points de pourcentage en 7 ans), elle fait passer le nombre de Français prêts à prendre un peu plus de risque de seulement 6 % à désormais 14 %. Dans ce contexte, les placements liquides et sans risque restent et de loin les placements préférés des Français au premier rang desquels le livret A.

La hausse de l’appétence pour les placements risqués et peu liquides semble par ailleurs avoir également avoir partie liée avec la hausse des taux d’intérêt observée depuis 2022.

Au-delà, un besoin de pédagogie

Selon les résultats du baromètre, les Français, à la recherche de rendement, sont prêts à faire des concessions en termes environnementaux et à moins investir dans les fonds socialement responsables (labellisés ISR) qu’ils jugent notamment peu différenciés des fonds classiques. Ils sont pourtant 37 % à déclarer connaître le label ISR. Il y a donc vraisemblablement un effort de pédagogie à réaliser sur ce point.

C’est probablement l’ensemble de la culture financière des Français qu’il faut développer. De nombreuses études l’estiment plutôt faible, proche de la moyenne des pays de l’OCDE. Or, une faible culture financière conduit à des choix de placement non optimaux qui à long terme peuvent faire une différence significative en termes de patrimoine.

Dans la dernière version du baromètre du Cercle des épargnants, nous avons voulu prolonger cette analyse en demandant au Français quelles étaient leurs connaissances en matière d’organisation du système financier et en particulier quel était le fonctionnement de leur placement préféré : le livret A.

Une majorité de Français (53 %) pensent que le livret A sert uniquement à financer des prêts en faveur du logement social. Or sur les 508 milliards d’euros d’épargne des Français placés sur des livrets A, LDDS et LEP, 170 milliards (bien moins de la moitié donc) sont investis par la Caisse des Dépôts dans le financement de la cohésion sociale. Le reste est soit investi dans des obligations d’État et notamment des obligations vertes ou directement prêté par les banques qui collectent l’épargne du livret A à des entreprises de petites et moyennes tailles (TPE et PME).

De manière plus surprenante, 8 % des Français pensent encore que les sommes déposées sur le livret A peuvent servir à spéculer sur les produits dérivés ou sur les devises et 46 % déclarent ne pas savoir du tout la destination des fonds placés.

De même si 20 % des Français associent principalement l’assurance-vie à l’investissement en actions, une majorité ne sait pas donner la destination des fonds placés sur un plan d’épargne retraite (56 %). Or ces deux produits permettent de manière assez proche une exposition aussi bien aux actions qu’aux obligations selon des profils variables qui favoriseront plus ou moins la prise de risque selon le choix du porteur.

Connaître ces différences et l’organisation générale du système de financement de l’économie française permet de faire des choix éclairés qui peuvent faire une vraie différence à l’échéance de la retraite. Cultivons-nous donc financièrement !

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