Jean-Marie Le Pen, militant d’extrême droite et co-fondateur du Front national anti-immigration, doit être enterré samedi lors de funérailles strictement familiales après son décès en début de semaine à l’âge de 96 ans.
Les funérailles privées de Jean-Marie Le Pen, cofondateur du principal mouvement d’extrême droite français d’après-guerre, ont eu lieu samedi sous haute sécurité. Son décès, à l’âge de 96 ans, a ravivé les attitudes polarisées envers une figure qui, pendant des décennies, a secoué et choqué le pays.
La cérémonie, organisée dans sa ville natale de La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, s’est déroulée en présence de sa fille Marine Le Pen, qui a repris l’héritage politique controversé de son père, ainsi que d’autres membres de la famille et des proches.
Les autorités ont renforcé la sécurité autour du cimetière, avec l’installation de barrières et la mobilisation de dizaines de policiers. Cette mesure a été prise après que des centaines de personnes ont célébré la mort de Le Pen mardi, notamment à Paris et dans d’autres villes, en débouchant des bouteilles de champagne.
Marine Le Pen et l’une de ses deux sœurs, Marie-Caroline, ont parcouru les quelques centaines de mètres séparant la maison familiale de la petite église Saint-Joseph, sous un ciel bleu, devant une petite foule de curieux et plusieurs dizaines de journalistes.
Ni Marion Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen et figure politique de l’extrême droite, ni Jordan Bardella, actuel dirigeant du parti cofondé par Le Pen, aujourd’hui appelé Rassemblement National, n’ont été aperçus entrant dans l’église par l’entrée principale.
Environ 200 personnes étaient attendues à l’intérieur de l’église. Après la cérémonie, Jean-Marie Le Pen sera enterré dans le caveau familial où reposent ses parents.
« Cela m’émeut de lui rendre un dernier hommage ici et de prier pour le salut de son âme », a déclaré l’un des invités, Bruno Gollnisch, ancien bras droit de Jean-Marie Le Pen. « C’était un camarade joyeux ! »
« Il aimait la France »
Certains habitants ont salué la dévotion de Le Pen envers la France.
« Je suis venu rendre hommage à un homme qui a servi la France et aimé la France », a déclaré un participant.
« Nous sommes venus rendre hommage à un grand homme qui a eu le courage de dire les choses, » a ajouté un autre. « C’était un visionnaire. Il aimait la France et son peuple, qui avaient des valeurs qui se perdent, comme l’amour de la nation. »
Vendredi, les autorités régionales ont pris un arrêté interdisant les manifestations pour éviter « le risque de troubles et de contre-manifestations susceptibles de provoquer des affrontements. »
Par ailleurs, une cérémonie publique aura lieu le 16 janvier à l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce à Paris.
Les opposants de gauche ont affirmé qu’ils ne pouvaient pas pleurer la mort d’un « fasciste ». Cependant, le gouvernement a condamné les manifestations célébrant la disparition de Le Pen. Le Premier ministre François Bayrou l’a décrit comme un « combattant » et une « figure de la vie politique française », des commentaires qui ont suscité l’indignation à gauche.
« Le Diable de la République »
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National (FN) et connu pour son discours farouchement anti-immigration, a marqué la scène politique française, notamment en 2002, lorsqu’il a éliminé le socialiste Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle pour affronter Jacques Chirac au second.
Surnommé « le diable de la République » par ses adversaires, Le Pen était souvent ouvertement raciste, affichait sans détour des opinions antisémites — pour lesquelles il a été condamné à plusieurs reprises — et se vantait d’avoir torturé des prisonniers pendant la guerre d’Algérie.
Sa fille, Marine Le Pen, a rapidement entrepris de transformer l’extrême droite en une force politique électorale, rebaptisant le parti Rassemblement National (RN) et menant une stratégie de « dédiabolisation ». Elle a exclu son père du parti pour ses propos antisémites, mais ils s’étaient réconciliés ces dernières années.
Le président Emmanuel Macron n’a pas fait de commentaire personnel sur la mort de Le Pen. Son bureau a publié une déclaration laconique indiquant que l’Histoire jugerait Jean-Marie Le Pen, tout en adressant ses condoléances à la famille.
Cependant, la mort de Le Pen a marqué une forme de réhabilitation politique parmi les cadres du RN, qui se sont empressés de saluer son rôle.
« Il a toujours servi la France et défendu son identité et sa souveraineté », a déclaré Jordan Bardella dans un hommage qui ne mentionnait aucune des controverses qui ont jalonné la vie de Le Pen.


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