Depuis 1975, les Français avancent leurs montres chaque printemps dans l’espoir de faire des économies d’énergie. Pourtant, près d’un demi-siècle plus tard, cette mesure est de plus en plus contestée. À tel point que 84 % de la population souhaiterait y mettre fin, selon un récent sondage.
Des économies d’énergie devenues insignifiantes
À l’origine, le changement d’heure devait réduire notre dépendance à l’éclairage artificiel en profitant des soirées plus longues. Mais aujourd’hui, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Les chiffres sont sans appel : selon RTE, l’impact sur la consommation électrique est devenu négligeable. L’Ademe abonde dans ce sens : les économies réalisées représentent à peine 0,07 % de la consommation totale.
« Les gains sont si minimes qu’ils ne justifient plus une telle perturbation », analyse Mireille Chiroleu-Assouline, professeure d’économie. Avec l’arrivée des ampoules LED et des systèmes d’éclairage plus performants, l’argument énergétique semble en effet dépassé.
Sommeil, humeur, vigilance : des répercussions bien réelles
En revanche, les effets sur notre organisme, eux, ne font pas débat. « C’est une aberration pour notre horloge biologique », alerte le Dr Marc Schob. Selon lui, le décalage horaire artificiel affecterait particulièrement les enfants et fragiliserait même notre système immunitaire.
Les études se multiplient pour documenter ces troubles. Une enquête de l’UE en 2015 pointait déjà des perturbations du sommeil et de l’humeur. Un médecin sur cinq constate une hausse des prescriptions de tranquillisants après le changement d’heure, et trois quarts des Français avouent en subir les contrecoups.
Pourtant, certains experts relativisent. « Il n’y a pas de preuve formelle d’un impact sanitaire grave », nuance Xavier Briffault, épidémiologiste. Un avis qui ne rassure pas tout le monde, surtout quand on observe…
Un risque accru sur les routes
Contrairement aux idées reçues, le passage à l’heure d’été n’épargne pas les conducteurs. L’ONISR note chaque année une recrudescence des accidents au printemps, notamment en début de journée. La raison ? Un sommeil écourté qui réduit la vigilance, surtout chez ceux qui démarrent tôt.
La situation s’est même aggravée depuis 2024 avec la réduction de l’éclairage public dans certaines villes, rendant les routes matinales plus dangereuses.
Alors, pourquoi continue-t-on ?
En 2019, l’Europe avait pourtant acté la fin du changement d’heure. Mais entre la crise sanitaire, les tensions géopolitiques et les désaccords entre États membres, le dossier est au point mort. « Chaque pays doit choisir son fuseau horaire définitif, et c’est là que ça coince », explique Mireille Chiroleu-Assouline.
Résultat : ce dimanche 30 mars 2025, nous avancerons encore nos montres. Peut-être pour l’une des dernières fois ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, mieux vaut se préparer à une semaine de fatigue… et à redoubler de prudence au volant.



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