À l’approche de Pâques, période traditionnellement sucrée pour les amoureux du cacao, une mauvaise nouvelle s’abat sur les gourmands : le prix des tablettes et autres douceurs chocolatées s’apprête à connaître une nouvelle flambée en 2025. Après une première hausse marquée en 2023, suivie d’une aggravation en 2024, les experts annoncent une tendance qui ne semble pas prête de s’inverser. La preuve ? Certains produits, comme le chocolat Dubaï, atteignent déjà des sommes astronomiques sur la toile. La cause principale : le cacao, ingrédient star, est devenu une denrée rare. Son cours a bondi de 161 % en 2024, culminant à 10 100 dollars la tonne en décembre, un record historique.
Une crise liée à des récoltes désastreuses
Cette envolée des tarifs s’explique avant tout par des récoltes catastrophiques en Afrique de l’Ouest, région clé de la production mondiale. Les réserves de fèves touchent leur niveau le plus bas depuis 36 ans, contraignant les industriels à répercuter ces coûts sur les étals. Lindt & Sprüngli, géant du secteur, a déjà prévenu : des augmentations à deux chiffres sont prévues en 2025. Lors de la présentation de ses résultats, son directeur financier a justifié cette décision par la nécessité d’absorber le surcoût des matières premières. En 2024, la marque avait déjà relevé ses prix de 6,3 %, tout en affichant une croissance de 7,8 %.
Shrinkflation et alternatives innovantes
Face à la pression, d’autres acteurs optent pour des stratégies différentes. La marque Milka (Mondelez), par exemple, a choisi de réduire discrètement le poids de ses tablettes en Allemagne : les formats de 100 g passent à 90 g, ceux de 270 g à 250 g. Une pratique nommée « shrinkflation », qui évite une hausse directe des prix.
Mais une autre solution émerge : Lidl mise sur l’innovation avec Choviva, une gamme de chocolat… sans cacao ! Composé de graines de tournesol et de pépins de raisin fermentés et torréfiés, ce produit imite le goût du chocolat classique. Commercialisée spécialement pour Pâques 2025, cette alternative se veut écologique (80 % d’émissions de CO₂ en moins) et abordable. Au programme : un lapin super-héros (4,49 €), un œuf licorne, un œuf dragon (3,99 €) et des mini-œufs à cacher (9,99 €). Développée par une start-up allemande et produite en Alsace, cette nouveauté pourrait séduire les budgets serrés.
Un luxe qui se démocratise… ou pas ?
Reste une question : les puristes accepteront-ils de troquer leur cacao contre des graines ? Alors que les tablettes traditionnelles voient leur prix s’envoler et leur taille rétrécir, les consommateurs devront arbitrer entre dépenser plus ou tester des alternatives. Certains experts recommandent même de constituer des réserves avant une possible aggravation de la crise, si les récoltes 2025 ne s’améliorent pas. Une certitude : déguster du chocolat pourrait bien devenir un plaisir de plus en plus précieux.

