Ce lundi, le géant des réseaux sociaux Meta se retrouve en plein procès aux États-Unis. Les autorités l’accusent d’avoir étouffé la concurrence en rachetant Instagram et WhatsApp avant que ces plateformes ne deviennent des menaces.
Une affaire qui met en lumière les manœuvres de Mark Zuckerberg, le patron de Meta. Celui-ci espérait que le retour de Donald Trump à la Maison Blanche calmerait les ardeurs des autorités contre les géants de la tech. Mais c’est raté : le procès s’ouvre bel et bien.
C’est la FTC, l’agence fédérale de protection des consommateurs, qui mène la charge. Si Meta perd, il pourrait être forcé de se séparer d’Instagram et WhatsApp, aujourd’hui incontournables. Le juge James Boasberg, déjà en charge d’un dossier brûlant sur l’expulsion de Vénézuéliens, présidera ce procès hautement symbolique.
L’affaire remonte à 2020, sous Trump. À l’époque, Zuckerberg, troisième fortune mondiale, multipliait les visites à la Maison Blanche pour plaider en faveur d’un accord à l’amiable. Une option improbable aujourd’hui, selon Andrew Ferguson de la FTC : « Ce serait très surprenant », a-t-il lâché.
Pour influencer le pouvoir, Zuckerberg a mis les moyens : dons pour l’investiture de Trump, assouplissement des règles de modération, et même l’achat d’une grosse maison à 23 millions de dollars à Washington. « Ce serait à la limite du scandale s’il obtenait un arrangement maintenant », s’indigne Jonathan Kanter, un responsable antitrust sous Biden.
Meta n’est pas le seul dans le collimateur : Google, Apple et Amazon ont aussi leurs procès. Mais ici, tout tourne autour des rachats d’Instagram (2012) et WhatsApp (2014). À l’époque, Zuckerberg voyait ces apps comme des dangers. Un email cité par la FTC le montre paniqué : « Instagram fait peur… Il faut l’acheter à tout prix ».
La défense de Meta argue que sans ses investissements, Instagram et WhatsApp ne seraient pas devenus des monstres. Et rappelle que ses apps sont gratuites, dans un marché ultra-concurrentiel. La FTC rétorque que les utilisateurs subissent trop de pubs et de changements imposés, faute d’alternative.
Le vrai débat : comment définir le marché ?
Pour la FTC, Facebook et Instagram dominent un secteur bien précis : les apps pour rester en contact avec ses proches. TikTok et YouTube n’en feraient pas partie. Meta s’énerve : « Tout le monde sait qu’on rivalise avec TikTok, YouTube, iMessage… »
Selon l’avocat Brendan Benedict, plus Meta élargit la définition du marché, plus il a de chances de gagner. Une bataille d’experts qui s’annonce serrée… et longue : le procès devrait durer au moins deux mois, avec Zuckerberg, son ex-bras droit Sheryl Sandberg et des concurrents appelés à témoigner.
Affaire à suivre, donc. Parce qu’au-delà de Meta, c’est tout l’avenir de la régulation des géants tech qui se joue ici.

