C’est un coup de froid entre Paris et Alger. Une semaine après une visite censée apaiser les relations, l’Algérie a demandé à 12 agents français de quitter son territoire. En cause ? L’arrestation en France de trois Algériens soupçonnés d’avoir enlevé un opposant au régime. La France menace de riposter « immédiatement » si ces expulsions ont lieu. On décrypte.
Pourquoi cette crise ?
Selon le ministre français Jean-Noël Barrot, Alger réagirait à l’inculpation de trois de ses ressortissants en France. Ces hommes sont accusés d’avoir kidnappé fin avril Amir Boukhors, un influenceur algérien critique du pouvoir. Parmi les suspects, il y aurait même un employé d’un consulat algérien en France.
La France menace de représailles
« Je demande aux autorités algériennes de revenir sur cette décision », a insisté Barrot. Le Quai d’Orsay prévient : si les agents français sont expulsés, Paris répondra du tac au tac. Une source diplomatique précise que certains des fonctionnaires visés travaillent pour le ministère de l’Intérieur.
Contexte électrique
La semaine dernière, tout semblait aller mieux : les deux pays parlaient d’une « nouvelle phase » dans leurs relations, après des mois de crise. Mais l’affaire Boukhors a tout enflammé. Alger dénonce une « cabale judiciaire », affirmant qu’on accuse son agent consulaire… juste parce que son téléphone aurait été localisé près du domicile de l’influenceur.
Qui est Amir Boukhors ?
Cet Algérien de 41 ans, suivi par plus d’un million de personnes sur TikTok, vit en France depuis 2016. Il a obtenu l’asile politique en 2023, mais Alger veut le juger pour « escroquerie » et « terrorisme ». La France a déjà refusé de l’extrader.
Le 29 avril, il a été enlevé en banlieue parisienne avant d’être relâché le lendemain. Son avocat parle de « deux agressions graves » depuis 2022. Pour ses soutiens, c’est une cible du régime algérien.
Une vieille crise qui repart ?
Il y a quelques jours, Macron et Tebboune pensaient avoir calmé le jeu après une brouille historique. Mais visiblement, les dossiers sensibles (opposants, mémoires coloniales) restent des poudrières.
À suivre : si Alger maintient ses expulsions, la France pourrait renvoyer des diplomates algériens. Un bras de fer qui rappelle que, malgré les sourires, les contentieux sont loin d’être réglés.
Avec l’AFP

