En République Démocratique du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a récemment été mis en avant. Figure influente, il a mené la fronde contre la bénédiction des couples de même sexe en Afrique, après que le pape François ait encouragé une approche plus ouverte sur ce sujet ailleurs dans le monde.
Une évolution attendue depuis longtemps
Argentin d’origine, François a voulu que le Vatican reflète davantage la diversité de ses fidèles. Aujourd’hui, les cardinaux africains représentent 12 % des électeurs du conclave, contre seulement 8 % lors de la dernière élection papale.
« Il aurait été presque inimaginable de voir le monde accepter un pape africain sans cette transition amorcée par François, premier pape venu d’Argentine », explique Traina.
Malgré cette progression, beaucoup estiment que l’Afrique n’est toujours pas assez représentée parmi les cardinaux ayant droit de vote. Certains catholiques africains ressentent aussi une certaine mise à l’écart. Un prêtre congolais, souhaitant rester anonyme, a confié à l’AFP :
« Même si cela ne saute pas aux yeux chez nos frères européens, la discrimination existe encore. C’est une réalité dont on parle trop peu. »
Il reconnaît que l’Église a fait des progrès, mais rappelle qu’aucun Africain n’a accédé au trône pontifical depuis plus de 1 500 ans.
L’impact potentiel d’un pape africain
Pour Traina, un pape venu d’Afrique pourrait apporter un regard neuf sur les défis actuels de l’Église, notamment sur des sujets sensibles comme l’ordination d’hommes mariés.
« Avoir un pape africain est un rêve que nous avons toujours eu sur nos lèvres », confie le père Paul Maji, prêtre à Abuja, au Nigeria. Mais il insiste : il ne faut pas que le choix soit guidé par des sentiments nationalistes ou régionaux.
« Le lieu d’origine du prochain pape ne devrait pas être une question d’émotion. »
Sylvain Badibanga, doyen de la faculté de théologie à l’Université catholique du Congo, partage cette idée. Il a déclaré à l’AFP :
« Il ne faut pas penser ‘c’est notre tour’. C’est le tour de Dieu. »
Un conclave tourné vers l’universel
Parmi ceux qui voteront pour la première fois lors du prochain conclave figure l’archevêque Dieudonné Nzapalainga de Bangui, devenu cardinal en 2016 après la visite du pape François en République centrafricaine.
« Ce n’est pas une question d’intérêts régionaux ou personnels », a-t-il confié à RFI.
« Nous devons penser à l’intérêt global de l’Église catholique. »
Déjà évoqué avant le conclave de 2013, le cardinal Peter Turkson avait déclaré qu’il pourrait devenir pape « si telle est la volonté de Dieu ».



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