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Le Rassemblement national éclaboussé par une affaire de groupe Facebook aux contenus racistes

Le Rassemblement national éclaboussé par une affaire de groupe Facebook aux contenus racistes

Neuf députés du parti sont accusés d’avoir appartenu à une communauté en ligne diffusant des messages haineux.

À quelques jours des élections européennes, la polémique enfle autour du Rassemblement national. Neuf de ses députés sont visés par des accusations embarrassantes : selon une enquête du média Les Jours, ils auraient été membres d’un groupe Facebook truffé de propos racistes, antisémites, homophobes et islamophobes.

Le groupe en question, intitulé « La France avec Jordan Bardella », rassemblait plus de 11 000 membres avant de disparaître subitement de la plateforme cette semaine. D’après Les Jours, ses administrateurs étaient pour la plupart des collaborateurs parlementaires, d’anciens candidats RN ou encore des figures locales du parti.

Le RN joue la carte de la méconnaissance

Face à l’ampleur des révélations, le RN a rapidement tenté de désamorcer la polémique. Selon le vice-président du parti, Sébastien Chenu, les députés mis en cause n’étaient pas au courant de la teneur des messages publiés dans le groupe.

« Quand on reçoit une invitation à rejoindre La France avec Jordan Bardella et qu’on est militant RN, on peut penser que c’est un groupe sympa, sans forcément aller regarder ce qui s’y dit », a-t-il déclaré jeudi matin sur FranceInfo. Avant de préciser : « Aucun des députés concernés n’a liké les publications. »

Un argument qui vise à couper court aux accusations, mais qui ne convainc pas tous les observateurs, alors que le parti tente depuis plusieurs années de lisser son image sans réussir à se défaire totalement de son passé sulfureux.

Un climat tendu après un meurtre à connotation raciste

Cette affaire intervient dans un contexte déjà lourd, marqué par le meurtre d’un homme d’origine tunisienne, tué à coups de couteau dans le sud de la France le week-end dernier. Le suspect, un Français né en 1971, aurait diffusé des vidéos de lui avant et après son passage à l’acte. Une enquête a été ouverte pour acte de terrorisme à motivation raciste.

Des captures d’écran attribuées à son compte Facebook montrent qu’il partageait régulièrement des publications de Marine Le Pen et d’autres figures du RN. Il commentait fréquemment des sujets liés à l’immigration et à l’islam, selon plusieurs sources.

Interrogé sur cette affaire, Sébastien Chenu a condamné fermement le crime. « Je veux dire toute mon horreur face à ce meurtre abominable. Notre combat ne repose pas sur l’opposition entre les races… Cet individu a dévoyé ce qu’il pensait défendre », a-t-il insisté.

Une campagne européenne sous tension

Ce nouvel épisode ternit la fin de campagne du RN, à quelques jours d’un scrutin où le parti d’extrême droite est donné largement en tête en France. Si la formation menée par Jordan Bardella espérait imposer un récit centré sur la sécurité et l’identité, elle se retrouve aujourd’hui rattrapée par les ombres de ses réseaux.

Le mot-clé Rassemblement national, déjà très présent dans les moteurs de recherche en cette période électorale, pourrait bien prendre une tournure plus problématique pour le parti. Reste à savoir si cette affaire aura un impact sur les intentions de vote.

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