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Accord commercial UE–États-Unis : Bayrou fustige une « soumission » à Trump

Accord commercial UE–États-Unis : Bayrou fustige une « soumission » à Trump

L’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, conclu dimanche, fait grincer bien des dents à Paris. Au lendemain de son annonce, le Premier ministre français François Bayrou a vivement dénoncé un texte jugé déséquilibré et défavorable à l’Europe. Sur le réseau social X (ex-Twitter), il n’a pas mâché ses mots : « C’est un jour sombre, celui où une alliance de peuples libres, unie pour affirmer ses valeurs et défendre ses intérêts, se résigne à la soumission. »

Paris en colère contre un accord jugé déséquilibré

Cet accord, qui maintient les droits de douane à 15 % sur la majorité des importations européennes – évitant ainsi un passage à 30 % initialement prévu dès le 1er août – est loin de satisfaire les autorités françaises. Si certains y voient un soulagement temporaire, le gouvernement français estime que Bruxelles aurait pu obtenir bien mieux en utilisant tout le poids du marché unique européen.

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Le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad, a clairement exprimé son désaccord : « Disons-le franchement : la situation actuelle est insatisfaisante et ne peut durer. » Même son de cloche du côté du ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, qui a confié lundi sur France Inter : « Je ne veux pas que la France se contente de ce qui a été décidé hier, ce serait accepter que l’Europe ne soit pas une puissance économique. »

La France pousse Bruxelles à hausser le ton face à Washington

Pour les ministres français, il est impératif que l’Union européenne sorte les muscles. Ils appellent Bruxelles à activer l’Instrument anti-coercition, un levier juridique permettant de restreindre l’accès des entreprises américaines aux marchés publics, aux investissements directs étrangers et aux marchés financiers européens. L’objectif : contraindre Washington à revoir sa copie. Reste à savoir s’il est encore possible d’amender un accord déjà validé au plus haut niveau.

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Dans cette séquence houleuse, le président Emmanuel Macron reste, pour l’instant, étonnamment silencieux. Un contraste marqué avec Berlin et Rome : le chancelier allemand Friedrich Merz et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ont salué l’accord sans réserve.

Un front politique inhabituel, de Bayrou à Le Pen

Autre fait marquant : la convergence de critiques entre François Bayrou et Marine Le Pen. La figure de l’extrême droite, fidèle à sa ligne eurosceptique, a dénoncé un « fiasco politique, économique et moral », accusant Bruxelles d’écraser la souveraineté nationale sous « le poids de sa propre bureaucratie ».

Des propos qui, d’ordinaire, seraient restés cantonnés à son camp. Et pourtant, même au sein de l’administration économique française, certains en viennent à lui donner raison, à demi-mot. « Ça me coûte de le dire, mais elle n’a pas tort », glisse un haut fonctionnaire du ministère de l’Économie, sous couvert d’anonymat.

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