Alors que les négociations de paix butent sur la question territoriale, Volodymyr Zelensky n’a pas rejeté le « compromis territorial » proposé par Donald Trump qui implique pourtant une concession dans le Donbass. Il a toutefois évoqué un recours au référendum pour trancher.
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L’essentiel
- Volodymyr Zelensky a dévoilé certaines mesures du plan de paix américain proposé à l’Ukraine pour mettre fin à la guerre, le jeudi 11 décembre. Il a notamment parlé d’une « concession territoriale » prévoyant le retrait de l’armée ukrainienne dans les régions de l’est du Donbass qu’elle contrôle encore pour y créer une « zone économique libre » et démilitarisée à la place. L’accord prévoit aussi l’interdiction pour la Russie de pénétrer ces régions.
- Un « compromis territorial » que le président ukrainien serait prêt à accepter a indiqué le négociateur Mykhaïlo Podoliak au Monde. Volodymyr Zelensky a toutefois déclaré jeudi soir que toute question concernant les territoires de l’est de l’Ukraine devrait faire l’objet d’un référendum.
- Un tel accord ne serait pas sans risque pour l’Ukraine qui rappelle que « la Russie veut l’intégralité du Donbass ». Selon Volodymyr Zelenksy, le plan de paix américain ne précise pas les moyens envisagés pour empêcher le Kremlin de renier son engagement expansionniste. Par ailleurs, le texte prévoit le retrait des troupes russes dans le nord de l’Ukraine, mais pas dans le sud.
- « La paix en Ukraine est à portée de main » a estimé Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, ce vendredi matin sur Franceinfo. Il a rappelé le soutien de la France et l’Ukraine et le fait que les Ukrainiens sont « les seuls » à pouvoir décider des concessions territoriales qu’ils sont prêts à faire.
- Quant à Donald Trump, il « est extrêmement frustré par les deux camps impliqués dans cette guerre, et il en a assez des réunions qui n’ont d’autre but que de se réunir » a déclaré ma porte-parole de la Maison Blanche, en ajoutant que le président américain « veut des actes ».
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08:27 – Zelensky est prêt à renoncer à une partie du Donbass si la Russie s’y retire aussi
Après avoir reçu le plan de paix américain en 28 points, l’Ukraine a envoyé une nouvelle version de ce plan « plus poussée pour une solution adéquate à des questions problématiques » selon les déclarations d’un responsable ukrainien à l’AFP. Ce plan reprend un « compromis territorial » sur les régions de l’est du Donbass. Volodymyr Zelensky a indiqué être prêt à retirer ses troupes des régions orientales que l’Ukraine contrôle encore pour y installer une zone démilitarisée, mais seulement à condition que la Russie retire ses troupes également et renonce à pénétrer ces régions. Dans le même temps, le président ukrainien a indiqué que le sort des territoires de l’est de l’Ukraine devrait également faire l’objet d’un référendum.
En savoir plus sur le plan de paix en Ukraine
Les négociations sur la paix en Ukraine sont entrées dans une nouvelle phase. Jeudi 20 novembre, l’Ukraine a reçu un « projet de plan » de la part des Etats-Unis concernant un accord de paix en 28 ans élaboré avec la Russie. En réponse à la proposition américaine, Volodymyr Zelensky avait annoncé être « prêt à travailler de manière constructive avec la partie américaine et nos partenaires en Europe et dans le monde entier afin de parvenir à la paix », a enfin ajouté la présidence. Le plan en question contient toutefois des mesures correspondants à des exigences de Vladimir Poutine et contraires aux conditions sine qua non de l’Ukraine. Parmi elles : la reconnaissance de nombreuses conquêtes de la Russie en Ukraine sur environ 20% du territoire, une réduction de la taille de l’armée ukrainienne de moitié et l’abandon de ses armes à longue portée.
L’Ukraine et les Etats-Unis ont discuté du plan de paix lors de pourparlers organisés à Genève, en Suisse, entre Ukrainiens, Américains et Européens le dimanche 23 novembre. La Maison Blanche a évoqué des échanges « constructifs, concentrés sur l’objectif et respectueux, insistant sur l’engagement commun de parvenir à une paix juste et durable » à l’issue de la rencontre. Les deux pays « ont réaffirmé que tout futur accord devra pleinement respecter la souveraineté de l’Ukraine » et « ont élaboré un cadre de paix actualisé et amélioré », a ajouté Washington. De son côté, Volodymyr Zelensky a salué des avancées et « des étapes importantes », mais estime que « pour parvenir à une paix réelle, il faut plus, beaucoup plus ».
Les Européens s’alignent sur la position de l’Ukraine, mais ils ont également élaboré une contre-proposition basée sur le plan américain en 28 points en le reprenant article par article pour modifier et supprimer les mesures nécessaires pour rendre le texte acceptables à leurs yeux. Ni l’Ukraine, ni les Etats-Unis n’ont réagi à cette contre-proposition. Si plusieurs mesures restent similaires, la contre-proposition européenne pose trois grandes différences.
1. Le plafonnement de l’armée ukrainienne
Il s’agit de l’article 6 du plan de paix. Alors que la proposition américaine dispose que « les forces armées ukrainiennes seront limitées à 600.000 militaires », la contre-proposition européenne élève le plafonds « à 800 000 hommes », mais précise que cette limite sera valable uniquement « en temps de paix ». Un ajout pensé pour prévenir de futures invasions ou agression de la part de la Russie ou d’autres pays et permettre à l’Ukraine de se défendre avec tous les moyens nécessaires.
2. L’intégration de l’Ukraine à l’Otan
La Russie s’oppose fermement à l’intégration de l’Ukraine au sein de l’Otan, une exigence à laquelle s’est plié le plan de paix américaine qui prévoit à l’article 7 que « l’Ukraine accepte d’inscrire dans sa constitution qu’elle ne rejoindra pas l’Otan, et [que] l’Otan accepte d’inclure dans ses statuts une disposition spécifiant que l’Ukraine ne sera pas intégrée à l’avenir ». Un texte qui exclue définitivement tout rapprochement entre le pays et l’alliance occidentale. L’Europe ne fait pas de l’intégration de l’Ukraine dans l’Otan une condition nécessaire à la paix, mais elle ne ferme pas définitivement la porte à ce scénario. « L’adhésion de l’Ukraine à l’Otan dépend d’un consensus entre les membres de l’Otan, consensus qui n’existe pas », écrit et rappelle les alliés européens de l’Ukraine. Une formulation qui n’oppose pas de réponse négative ferme à l’Ukraine, mais prendre suffisamment de précautions pour rassurer la Russie.
3. Le reconnaissance des territoires occupés par la Russie
C’est l’un des gros points du plan de paix : la répartition des territoires ukrainiens occupés par les forces russes. L’Ukraine tient à conserver ses frontières d’avant l’invasion et donc à garder les régions occupées, tandis que la Russie revendique l’annexion de ces territoires et exige de pouvoir les reconnaître comme étant russes. Le plan américaine s’aligne sur la position russe avec l’article 21 du plan : « La Crimée, Lougansk et Donetsk seront reconnues comme des régions russes de facto, y compris par les États-Unis. Kherson et Zaporijjia seront gelées le long de la ligne de contact, ce qui signifiera une reconnaissance de facto le long de cette ligne. La Russie renoncera aux autres territoires qu’elle contrôle en dehors des cinq régions. Les forces ukrainiennes se retireront de la partie de la région de Donetsk qu’elles contrôlent actuellement, qui sera ensuite utilisée pour créer une zone tampon. »
De son côté, la proposition européenne se montre plus ouverte aux négociations. Elle n’exige pas un retour fidèle à la situation d’avant-guerre, mais n’accord pas aussi facilement les territoires occupés à la Russie. « L’Ukraine s’engage à ne pas recouvrer son territoire souverain occupé par la force militaire. Les négociations sur les échanges territoriaux débuteront le long de la ligne de contact », prévoit le texte. Une mesure qui peut étonner puisque l’Ukraine soutient depuis le début de la grève qu’elle n’abandonnera pas ses territoires.
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