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Les Palestiniens célèbrent 53 ans d’occupation israélienne, protestent contre le plan d’annexion

Vendredi, les Palestiniens de Cisjordanie se sont rassemblés pour marquer 53 ans d’occupation israélienne et protester contre le projet de l’État juif d’annexer une partie du territoire.

À Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, des dizaines de manifestants ont agité des drapeaux palestiniens et scandé des slogans contre les colonies de peuplement israéliennes et les plans, qui pourraient aller de l’avant dès le mois prochain.

Un journaliste de l’AFP sur les lieux a déclaré que les troupes israéliennes avaient tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants s’approchant d’un poste de contrôle militaire.

« Cette marche montre notre rejet de tout plan de colonisation ou d’annexion », a déclaré Iyad Jarada, secrétaire du parti Fatah du président palestinien Mahmud Abbas dans la ville.

« C’est notre terre et nous la défendrons avec toute notre puissance et notre énergie. »

Près de Tubas, également dans le nord de la Cisjordanie, un manifestant a été blessé à la tête par une balle en caoutchouc tirée par les forces israéliennes, a indiqué le Croissant-Rouge palestinien.

De nouvelles manifestations ont eu lieu dans les villes de Cisjordanie, Ramallah, Naplouse, Jéricho et la vallée du Jourdain, qui pourraient être annexées dans le cadre du plan israélien.

Dans la ville d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, des centaines de personnes se sont rassemblées, scandant contre l’occupation d’Israël, ainsi que des slogans anti-américains.

Les Palestiniens expriment leur opposition au plan du Moyen-Orient du président américain Donald Trump, qui donne à Israël le feu vert pour annexer des colonies juives et d’autres territoires stratégiques en Cisjordanie.

De telles annexions violeraient le droit international et exacerberaient probablement les tensions dans la région instable.

Israël devrait annexer des parties de la Cisjordanie occupée dans le cadre d’un plan approuvé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son allié devenu son rival Benny Gantz, le chef du parti bleu et blanc.

Le plan s’inscrit dans le cadre du soi-disant « accord du siècle » de Trump, qui a été annoncé le 28 janvier. Il fait référence à Jérusalem comme « la capitale indivise d’Israël » et reconnaît la souveraineté israélienne sur de grandes parties de la Cisjordanie. Le plan prévoit la création d’un État palestinien sous la forme d’un archipel relié par des ponts et des tunnels.

Les responsables palestiniens disent que dans le cadre du plan américain, Israël annexera 30% à 40% de la Cisjordanie, y compris tout Jérusalem-Est.

Vendredi, les manifestations ont coïncidé avec l’anniversaire de ce que les Palestiniens appellent la Naksa, la défaite des pays arabes par Israël lors de la guerre des Six Jours de juin 1967.

Les combats ont pris fin avec l’Égypte, la Jordanie et la Syrie vaincues et Israël occupant la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza, Jérusalem-Est et le plateau du Golan en Syrie.

Le Sinaï a été renvoyé en Égypte dans un accord de paix de 1979 avec Israël, mais le Golan et Jérusalem-Est ont été annexés par l’État juif.

Les troupes et les colons israéliens ont quitté Gaza en 2005 mais la bande côtière reste sous blocus.

« Cinquante-trois ans d’occupation israélienne aujourd’hui, y mettre fin est une responsabilité internationale », a écrit sur Twitter Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Plus de 450 000 Israéliens vivent dans des colonies jugées illégales par le droit international en Cisjordanie, où vivent 2,7 millions de Palestiniens.

Dans la bande de Gaza, des manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et brandi des pancartes disant « nous récupérerons nos terres », lors d’un rassemblement organisé par le Hamas, les dirigeants islamistes de l’enclave.

Les Palestiniens souffrent depuis longtemps du risque permanent de démolition par les forces israéliennes. En décembre 2019, Israël prévoyait de démolir quelque 18000 maisons palestiniennes à Jérusalem. Ces actions ont été qualifiées de «crime de guerre» par la Cour pénale internationale (CPI). Détruisant l’espoir et les moyens d’éducation, ainsi qu’un avenir pour les enfants et les jeunes palestiniens, les forces militaires israéliennes ont démoli l’année dernière une école dans une communauté bédouine de la ville d’Hébron, en Cisjordanie.

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