la police disperse une manifestation pro-Gbagbo

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Une manifestation des partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, pour dénoncer « son absence sur la liste électorale » à trois mois de la présidentielle, a été dispersée à coups de matraque et de gaz lacrymogènes jeudi à Abidjan, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Vers 09H00 (locales et GMT), un groupe d’une cinquantaine de personnes ont lancé des pierres sur des policiers, présents en grand nombre, au « carrefour Duncan », dans le quartier des Deux-Plateaux d’Abidjan où siège la Commission électorale indépendante (CEI).

Les policiers ont chargé, distribuant des coups de matraques et s’aidant de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, provoquant une course-poursuite dans le quartier. Des manifestants ont enflammé des pneus sur la chaussée par la suite.

Deux manifestants ont été légèrement blessés, selon un journaliste de l’AFP.

« Nous avons décidé de marcher pour exiger la réintégration de Laurent Gbagbo sur la liste » a expliqué à l’AFP Mah Siaba Nestor, responsable d’une structure du Front populaire ivoirien (FPI, parti créé par M. Gbagbo), dénonçant « une brutalité policière » et faisant état de « trois arrestations et d’un blessé grave » dans leurs rangs.

« Les manifestations vont continuer jusqu’à ce que les noms de nos leaders soient inscrits sur la liste électorale (…) afin qu’ils puissent jouir de leurs droits », a affirmé Jean Bahé, responsable de la jeunesse universitaire du FPI.

Outre M. Gbagbo, le Cojep, le parti de l’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, avait également dénoncé mardi son retrait de la liste électorale, en vue de la présidentielle du 31 octobre.

Le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, avait expliqué mardi que toute personne condamnée pour un délit ou un crime à une privation de ses droits civiques était rayée des listes électorales.

En novembre 2019, la justice ivoirienne a condamné en appel par contumace M. Gbagbo à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

M. Blé Goudé a été condamné en décembre 2019 à 20 ans de prison pour des crimes commis pendant la crise en Côte d’Ivoire, qui avait fait quelque 3.000 morts.

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