la thèse du viol mise à mal, confrontation attendue avec les beaux-parents

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La thèse avancée par les parties civiles d’un viol post mortem d’Alexia Daval par son mari Jonathann a été mise à mal par un expert mardi devant les assises de la Haute-Saône, dans l’attente d’une confrontation cruciale entre l’accusé et ses beaux-parents.

La piste d’un viol, avancée par les parties civiles, n’a jamais été retenue par l’instruction et n’est pas reprochée à Jonathann Daval devant les assises de Haute-Saône, où il répond exclusivement de « meurtre sur conjoint », fait passible de la réclusion à perpétuité.

Interrogé par l’un des avocats de l’accusé, Me Randall Schwerdorffer, sur l’existence d’une « preuve d’un rapport sexuel post mortem » impliquant son client et Alexia, Antoine Tracqui, l’un des médecins légistes, a répondu par la négative : « non seulement, je n’ai pas de preuve d’un rapport post mortem, mais je n’ai pas d’arguments positifs en ce sens ».

– « Strangulation » –

Cette hypothèse est désormais « totalement évacuée des débats », s’est félicité lors d’une pause Me Schwerdorffer, appelant à se « recentrer sur le dossier ».

Pour appuyer la thèse du viol, les avocats des parties civiles avaient pointé lundi la présence de spermatozoïdes dans le corps et sur les vêtements de la victime, Jonathann Daval assurant avoir eu un rapport sexuel trois jours avant le meurtre commis dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017.

« Il n’est pas du tout anormal qu’on retrouve encore des spermatozoïdes trois jours après » un rapport, a encore tranché M. Tracqui, qui n’a pas décelé non plus de « signes de violences sexuelles avérées » sur le corps d’Alexia.

Cette dernière a reçu « cinq à dix coups » au niveau du visage et de la tête et la strangulation, qui a duré « cinq à six minutes », est à l’origine du décès, a-t-il rappelé.

Les parents d’Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, ont quitté un moment la salle pour ne pas entendre les détails de son rapport, qui a également abordé la crémation du corps. Jonathann s’est lui bouché les oreilles à plusieurs reprises.

Les parties civiles soupçonnent également Jonathann Daval, 36 ans, d’avoir prémédité son geste et cherché à empoisonner sa femme en lui administrant, sur une longue période et à son insu, des médicaments. Là encore, ces hypothèses n’ont pas été retenues à l’issue de l’instruction.

Mardi après-midi, Jonathann Daval sera confronté à ses anciens beaux-parents, déterminés à demander des comptes à l’accusé, qui a longtemps joué les veufs éplorés.

« Le jour ou jamais »

« Je sais que c’est une journée très importante, que c’est le jour ou jamais où je vais pouvoir lui parler » et lui dire « ce que j’ai sur le coeur », a déclaré à son arrivée au tribunal la mère d’Alexia, Isabelle Fouillot.

Elle attend de cette audition qui s’annonce décisive et intense que Jonathann « craque encore une fois ».

Le rôle de Mme Fouillot a été « déterminant » lors de l’instruction : « à chaque fois qu’elle a rencontré (Jonathann), il s’est passé quelque chose », avait souligné son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, comme lorsqu’elle avait arraché de nouveaux aveux lors d’une audition bouleversante en décembre 2018.

Lundi, au premier des cinq jours de ce procès, les Fouillot avaient annoncé leur volonté d’interpeller leur ancien gendre, qu’ils considéraient comme un fils.

Souvent au bord des larmes lundi, le trentenaire, qui a multiplié les versions pendant l’instruction, a de nouveau assumé avoir tué sa femme, employée de banque de 29 ans retrouvée morte le 30 octobre 2017 dans un bois près du domicile conjugal à Gray-la-Ville (Haute-Saône).

Il avait donné l’alerte en affirmant qu’elle n’était pas revenue d’un jogging. Interpellé en janvier 2018, il avait reconnu le meurtre après de multiples revirements, avouant in fine avoir également incendié le corps.

Selon lui, le drame a suivi une violente dispute, alors que le couple rencontrait des difficultés à avoir un enfant.

Il a indiqué durant l’instruction qu’il l’avait « étranglée pour qu’elle se taise », assurant que sa femme « l’humiliait » mais qu’il n’avait pas voulu la tuer.

Un temps accusé par Jonathann d’avoir tué Alexia, son beau-frère Grégory Gay sera également appelé à la barre mardi, de même que son épouse Stéphanie, la soeur d’Alexia.

Le verdict est attendu vendredi.

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