la FFF « a toujours tenu le cap malgré nos querelles »

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La Fédération française de football, secouée par des tensions parmi ses dirigeants, « a toujours tenu le cap malgré nos querelles », rappelle la directrice générale Florence Hardouin dans un entretien à l’AFP nuancé d’un mea culpa: « Mon exigence peut parfois se traduire par trop d’autorité ».

Q: Vous êtes aux manettes de la plus puissante fédération sportive de France et pourtant votre parole est rare. Pourquoi ?

R: « Celui qui est aux manettes c’est le président et le comité exécutif. Les manettes opérationnelles, ça oui. Mais la vision politique, même si on a toujours un avis, c’est faux, c’est une donnée trop importante. Ce n’est pas mon rôle ni ma vocation d’être sur le devant de la scène médiatique. D’ailleurs quand j’y suis… j’aimerais ne pas l’être. On peut prendre la parole de temps en temps, chose que je fais rarement. Ça, c’est plus lié à ma personnalité. »

Q: Certains vous décrivent comme loyale et franche, d’autres évoquent un management brutal et une politique tout-marketing…

R: « Il y a une part de vérité dans tout ce que vous dites. Le marketing, ça me colle peut-être à la peau. Aujourd’hui le marketing est important, mais pas que. Oui, je peux fixer des objectifs élevés, parce que les objectifs du président et du Comex (Comité exécutif) le sont. En tant qu’ancienne sportive de haut niveau (en escrime, NDLR), on se fixe toujours des objectifs élevés. Et dès qu’on en a atteint un, on s’en fixe un autre plus élevé.

C’est vrai que j’ai beaucoup d’exigences, d’abord envers moi-même et aussi envers les autres. Cette exigence, parfois, peut se traduire peut-être par trop d’autorité, par dire les choses parfois trop brutalement, je l’admets. Tout le monde n’a pas la même perception non plus. Certains peuvent accepter, encaisser d’avoir des objectifs de plus en plus élevés, pour certains c’est plus difficile. On est 350 salariés: même si il y a une locomotive avec le comité de direction, il faut que tout le monde suive, qu’il n’y ait pas de rupture ni de cassure. Il y a peut-être parfois une envie d’aller trop vite, (il faudrait) être plus consensuelle ».

Q: La loupe médiatique a-t-elle grossi les conflits internes ?

R: « Oui. Ce qui s’est passé chez nous, dans une boîte lambda, personne n’en aurait parlé. Personne. Et nous, parce qu’on est la Fédé de foot… Mais bon, il faut l’accepter aussi, il ne faut pas rester caché. C’est pour ça qu’on ne peut pas, non plus, ne pas prendre la parole. Mais je veux dire que la Fédé a toujours tenu le cap malgré nos querelles. Nos résultats sportifs sont là, on limite la casse pour les finances et le foot amateur aussi. C’est une institution solide. Je ne dis pas qu’on fait tout bien, mais quand on regarde l’évolution depuis 10 ans et Knysna, tout le monde a redressé la barre et c’est une histoire d’équipe. »

Q: A la lecture de la presse, vous apparaissez isolée par rapport aux autres directeurs. Est-ce exact?

R: « C’est complètement faux, ce n’est pas Florence Hardouin contre les directeurs. Il y a eu des crispations avec certains directeurs, c’est vrai, cela a rejailli sur d’autres. Il y a eu aussi des tensions entre eux. Le mieux c’est de se dire les choses, je regrette que tout soit sorti dans la presse. J’ai fait du sport, tout ce qui se dit dans un vestiaire doit rester dans un vestiaire. Des fois on s’est dit des choses en tête à tête et le lendemain tout était dans la presse (…) Et à la fin, quand tu arrives à la fin de l’histoire, c’est n’importe quoi! Là on a crevé l’abcès, on s’est dit les choses. On n’est plus des enfants, des fois c’était une cour de récré. On était en train de se pourrir la vie. Personne n’était bien physiquement ou moralement, moi la première. On n’est pas au boulot pour partir en vacances ensemble, mais on est beaucoup plus efficace quand on s’entend bien et qu’on rigole. Ça n’empêche pas les désaccords, qui sont bien aussi. Si tout le monde dit +amen+ à tout, ça ne marche pas non plus. Il faut que les débats soient constructifs ».

Propos recueillis par Jérémy TALBOT et Antoine MAIGNAN.

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