Par MONDA BAKOA
Nnanga kon, vous connaissez ? Un livre camerounais écrit en langue bulu du Sud-Cameroun, par Jean Louis Njemba Medou. Lauréat du Prix Margaret Wrong en 1932. Traduit et publié par Jacques Fame Ndongo aux Editions SOPECAM, Yaoundé, en 1989. Au chapitre 8 du texte original, Njemba Medou évoque la grippe dite espagnole. Une maladie semblable au Cov-19, partie de Chine en 1918– l’auteur parle de « Mbu Ôkon » qu’il traduit par grippe asiatique. Le narrateur révèle que cette maladie fut très transmissible et très mortelle au Cameroun. Il précise : les gens mouraient par milliers. Le malade ne voyait pas le jour suivant, dès l’apparition des premiers symptômes : toux sèche, écoulement nasal, fièvre, écrit l’auteur. L’administration coloniale ordonna la fermeture des écoles, demanda aux populations de rester chez elles, et isola des villages.
Les livres d’histoire estiment le bilan de la grippe espagnole entre 20 et 50 millions de morts, dans le monde. Par la suite, selon le récit, les populations locales trouvèrent un antidote à ce fléau : des extraits de deux plantes qu’on mélangeait, portait à ébullition, pour faire boire à chaud la mixture au patient. Lequel guérissait très rapidement… Une tisane chaude aux plantes, rien de plus. La leçon ? Nos ancêtres avaient compris que la solution à cette épidémie ne viendrait pas d’ailleurs. Etaient-ils plus intelligents que les gens de notre génération ? Certainement pas. Les Camerounais des années 20 s’étaient retournés vers le savoir-faire thérapeutique ancestral. La solution était trouvée, dans une simple tisane chaude aux esseces végétales.
Aujourd’hui encore, certains de nos compatriotes cherchent, se remuent les méninges. C’est le cas du médecin cardiologue, Euloge Yiagnigni Mfopou dont l’interview a paru dans l’édition d’hier de votre journal. Extrait de ses propos : «… Nous sommes tombés sur la communication d’un virologue [Astrid Vabret du CHU de Caen, NDLR] qui indique que le virus, exposé à une température de plus 56°c, est éliminé (…) Les virus sont tués par les hautes températures, insiste la virologue. Alors, nous avons pensé que lorsque le virus séjourne au niveau des voies aériennes supérieures (nez et bouche, gorge) logé dans la très fine muqueuse, si on le soumet à cette haute température par inhalation de la vapeur d’eau chaude, on peut le fragiliser voire l’éliminer par destruction de la couche graisseuse qui l’entoure sous l’effet de la chaleur. Certes, il n’est pas facile de supporter une haute température, mais on peut y arriver, parce que nous sommes habitués dans notre pays, dans nos traditions, à faire des infusions chaudes lorsque nous avons des affections comme la grippe et même à pratiquer le sauna. » Des témoignages viennent de Camerounais de France qui ont contracté la maladie et s’en sont débarrassés par des tisanes chaudes et des bains de vapeur. Les Camerounais attendent un remède miracle, alors que la solution au problème est peut-être plus près de nous. Il faut agir de préférence dès les premiers symptômes.
Le médecin a en plus demandé aux Asiatiques où le Cov-19 est apparu, l’année dernière, comment ils s’y sont pris. Réponse : « 1- l’hygiène stricte des mains ; 2- le port permanent des masques ; 3 l’exposition à la chaleur car plus il fait chaud, moins le virus se propage et enfin 4- la prise des boissons chaudes avec des substances qui stimulent l’immunité ou défense naturelle. » Une piste à explorer. Facile à vérifier. Utile à faire savoir par des voix autorisées, le cas échéant. Une tisane débarrassa nos ancêtres d’une grippe mortelle. Pourquoi pas nous ?
*Expert en communication pour le développement.
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