des élections locales pour tourner la page de l’ère Bouteflika

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Les Algériens votent samedi pour choisir leurs élus communaux et départementaux en Algérie, un scrutin crucial aux yeux du pouvoir pour tourner la page de la fin de règne mouvementée du défunt ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Le président Abdelmadjid Tebboune a voté en compagnie de sa famille. Plusieurs ministres, le président du Sénat ainsi que le chef d’état-major ont également déjà déposé leurs bulletins dans l’urne.

Deux heure après l’ouverture du scrutin, le taux de participation atteignait à 10H00 (09H00 GMT) 4,12% pour les communales et 3,9% pour les départementales, a annoncé le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi. Lors des législatives de juin, l’affluence était de 3,9% à la même heure.

Les trois semaines de campagne ont été marquées par la morosité. Mis à part quelques affiches et rassemblements dans des salles fermées, les candidats ont été peu actifs pour convaincre les 23 millions d’électeurs. Les bureaux de vote fermeront à 19H00 (18H00 GMT) et les résultats officiels devraient être annoncés dimanche.

Selon l’ANIE, 115.230 (BIEN: 115.230) candidats sont en lice dans les 1.541 communes. Ils seront aussi 18.910 postulants à se disputer les sièges départementaux dans 58 préfectures. Les femmes ne représentent que 15% de l’ensemble des candidatures, selon l’ANIE.

« Veux-tu le changement? », « l’édification institutionnelle », « signe et appose ton empreinte »: c’est le slogan officiel de ce double scrutin.

Un slogan critiqué par le politologue Mohamed Hennad, qui aurait préféré des thématiques basées « sur les valeurs de la citoyenneté ». Pour cet ancien professeur en sciences politiques, le pouvoir s’entête « à imposer sa volonté en dépit des résultats déshonorants enregistrés lors des précédents scrutins ».

Il s’agit de la troisième élection organisée sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, qui s’est engagé à réformer toutes les institutions héritées des 20 ans de règne de M. Bouteflika, contraint à la démission en avril 2019 sous la pression des manifestations du mouvement pro-démocratie Hirak et de l’armée.

Très affaibli à partir de 2013 par un AVC, il est décédé le 17 septembre 2021.

Le 5 juillet, jour de la fête d’indépendance de l’Algérie, le président Tebboune, élu en décembre 2019 avec 58% des suffrages et un taux de participation de 40%, avait assuré inscrire son action dans le sillage d’un « Hirak béni authentique ».

Dans une première étape, M. Tebboune a fait adopter des amendements constitutionnels lors d’un référendum le 1er novembre 2020, approuvé par 23,7% électeurs.

Deuxième étape: les législatives anticipées du 12 juin dernier, également marquées par une abstention historique avec 23% de taux de participation.

– « Participer avec force » –

« Je souhaite que les citoyens participent avec force à ces élections. Si le peuple veut le changement, il est grand temps qu’il l’opère lui-même », a déclaré le président Tebboune vendredi soir lors d’une interview diffusée par la télévision nationale.

Parmi les électeurs interrogés par l’AFP à Alger, Yacine, un enseignant de 55 ans, déclare: « l’équipe sortante n’a rien fait pour notre commune. Je vote contre la liste du maire actuel même si je ne me fais aucune illusion sur les autres candidats ».

Jeune cadre dans une multinationale, Sofiane entend apporter sa « contribution aux affaires de la cité », dit-il, estimant que les élections locales « sont les plus importantes ». Par contre, Omar, ingénieur de 33 ans, affirme qu’il ne votera pas car, selon lui, « ça ne changera rien. Quel que soit le maire, ce sera pareil ».

La participation attendue en Kabylie, région qui avait boycotté les précédents scrutins, pourrait faire monter le taux de participation, selon les observateurs. Le Front des forces socialistes (FFS, plus vieux parti d’opposition) y présente des candidats et malgré un boycott décidé par le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), des indépendants se sont présentés.

A 10H00, Tizi Ouzou enregistrait un taux de participation de 2,43% aux élections municipales et de 1,94% aux élections de préfectures. A Béjaïa, le taux était de 2,42% et 1,90%.

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