Zemmour compte ses troupes pour son premier meeting de campagne

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Après son annonce de candidature critiquée, Éric Zemmour entend faire une démonstration de force lors de son premier meeting de campagne présidentielle dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis), dans une journée « à risque » selon la police, avec des anti-Zemmour mobilisés et des premières interpellations à la mi-journée.

Le candidat d’extrême droite réunit dans l’après-midi ses troupes au Parc des expositions, derrière son nouveau slogan « Impossible n’est pas français », expression attribuée à Napoléon, assortie d’un rameau d’olivier.

« C’est une des plus grandes salles de meeting depuis quelques années », insiste le porte-parole Antoine Diers. Le directeur des événements de M. Zemmour, Olivier Ubéda, a recensé 19.000 inscrits, qui devront porter le masque mais ne seront pas soumis au pass sanitaire. Plus de 400 journalistes sont accrédités.

Esther, 54 ans, commerçante dans les Hauts-de-Seine, est arrivée en avance. « J’ai tout essayé alors pourquoi pas lui », dit-elle à l’AFP.

Véronique, au chômage à 49 ans, a voté « Jean-Marie Le Pen, puis Marine » et juge désormais qu' »il n’y a pas mieux que Zemmour », « à cause de l’immigration ».

Le polémiste a calqué son calendrier sur le congrès des LR, qui ont choisi samedi leur championne Valérie Pécresse, au profil plus modéré que son rival Éric Ciotti.

Comme Marine Le Pen, sa concurrente à l’extrême droite, M. Zemmour a invité les déçus LR à le rejoindre, dans une lettre ouverte où il leur atteste: « Nous sommes si proches ».

L’ex-conseillère régionale RN, Agnès Marion, sera du meeting. Elle « espère » un discours autour « du grand déclassement » et du « grand remplacement », une théorie complotiste revendiquée par M. Zemmour du remplacement des populations européennes par des immigrés non européens.

– Faire « taire » Zemmour –

Initialement prévu au Zénith, à La Villette, le meeting a finalement été délocalisé à Villepinte, à une vingtaine de kilomètres. L’équipe de M. Zemmour l’explique par « l’engouement populaire » mais admet aussi des raisons de sécurité.

Une cinquantaine d’organisations syndicales, partis et associations ont appelé à manifester, à Paris, de Barbès à La Villette pour faire « taire » Eric Zemmour.

De source policière, la manifestation et le meeting au Parc des expositions sont considérés « à risque ». La police attend quelques milliers de personnes dans la capitale et une centaine de militants de l’ultra-gauche à Villepinte, où elle craint des affrontements.

Un dispositif de sécurité dense a été déployé à Villepinte, a constaté une journaliste de l’AFP. Des tensions ont éclaté entre des dizaines d’opposants à la venue d’Éric Zemmour et les forces de l’ordre, devant la gare du RER.

Une trentaine de personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations, ont été interpellées pour vérification d’identité et conduites au commissariat, selon une source policière.

Des contrôles sont réalisés en amont de la salle où le candidat devait s’exprimer vers 16H00.

Le président PS de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, avait lancé une pétition pour faire annuler le meeting par les propriétaires du lieu, le groupe Viparis, en l’interpellant sur sa « charte de la diversité ».

A Villepinte seront dévoilés le nom du parti, avec adhésion payante, ainsi qu’une « scénographie » pour toute la campagne.

Il permettra de mesurer les ralliements, alors que l’organisation est critiquée en interne pour sa fragilité et que des militants plus radicaux ont intégré la campagne, comme l’ancien mégrétiste et proche des identitaires Grégoire Tingaud, chargé de coordonner les référents régionaux.

Le financier Charles Gave a retiré son soutien et le souverainiste Philippe de Villiers ne sera pas présent dimanche.

– Manif pour Tous –

En revanche, plusieurs personnalités de la Manif pour Tous, opposées au mariage homosexuel, viendront à Villepinte: l’ancien député conservateur Jean-Frédéric Poisson, qui a renoncé à sa propre candidature en 2022 et s’occupera des législatives, ainsi que Christine Boutin, qui présidait avant lui le petit Parti chrétien-démocrate (devenu « VIA la voix du peuple »), et Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur, associé jusqu’à présent à LR.

La figure des « gilets jaunes » Jacline Mouraud sera là aussi pour soutenir M. Zemmour et « représenter la France populaire ».

Le général Bertrand de la Chesnais, ancienne tête de liste pour le RN à Carpentras (Vaucluse), qui planche déjà sur les questions de défense, pourrait être nommé directeur de campagne.

Le maire de Béziers Robert Ménard, soutien de Marine Le Pen et ami d’Eric Zemmour, espère des « propositions » après avoir jugé son annonce de candidature d’une « noirceur apocalyptique », comme l’ensemble de la classe politique.

Outre sa tonalité, la vidéo du candidat avait été critiquée pour son amateurisme avec l’utilisation d’images sans avoir les droits.

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